EN Algérie

Une année 2019 accomplie et un autre succès en perspective Avec les meilleurs vœux des «Verts»

Sérénité, confiance et prudence. Juste ce qu’il faut de respect pour l’adversaire pour ne pas tomber dans l’excès. Celui de prendre de haut un hôte qui peut s’avérer aussi imprévisible que problématique. Sûrement que Belmadi a pris les devants en mettant en garde ses joueurs auxquels il demandé de préserver la dynamique et terminer en beauté ce qui reste d’un mois de novembre propice aux exploits en tout genre.

Sans peur et sans reproches
C’est une équipe d’Algérie sereine, le vent en poupe même, qui s’apprête, à partir du lointain Botswana, à boucler, par un autre succès (on l’espère et c’est prévisible car largement dans ses cordes) une année 2019 à gros succès. Egayée, comme on le sait, par un titre de champion d’Afrique que ses fans agitent en précieuse acquisition devant lui permettre de s’ouvrir à nouveau sur le monde. Sur d’autres succès, Goborone, qu’il faut prendre au sérieux, n’étant qu’une simple étape sur la voie d’un renouveau tangible. Les effluves du large et probant succès acquis avec l’art et la manière contre l’épouvantail zambien (c’en était un avant que Bounedjah et les siens, euphoriques et au bout d’une soirée parfaite, n’en décident autrement en frappant très fort) n’étant pas encore effacés, que ne voilà-t-il pas que les «Verts», sur un nuage et faisant le plein de confiance, sont appelés, dans d’autres conditions liées à des impératifs naturels et pas seulement (c’est l’Afrique, comme cette catastrophique pelouse sur laquelle ils se doivent de jouer et de sortir la meilleure prestation possible, résultat positive en prime) à faire respecter leur rang et ajouter, au passage (ce n’est pas l’objectif principal), une nouvelle pierre à un record inédit en termes de sorties de rang sans défaite. Des impératifs naturels auxquels ils sont maintenant habitués, ce qui fait dire au staff que «l’Afrique n’est plus une inconnue pour nous et que rien ne nous fait peur désormais.» Rendus forts mentalement avec cette série positive, en plus d’un talent confirmé et une expérience du continent allant s’enrichir, Mahrez, le grand absent avec Brahimi de ce nouveau périple africain, et ses camarades, savent ce qui les attend au détour de chaque voyage. Ce qu’ils doivent faire pour y … faire face. Ce soir (20H00, algériennes), dans une enceinte à la limite de l’homologable (à ce niveau, la CAF semble ne rien maîtriser en tombant carrément dans le «deux poids deux mesures», notamment quand il faut se montrer pointilleuse, voire intraitable dès qu’il s’agit des stades algériens) et sur un rectangle perdant de la couleur et véritable champs de patates, les très techniques joueurs algériens auront du pain sur la planche et pour éviter les nombreux pièges qu’offre une telle surface et pour développer le jeu qu’on leur connaît, fait de gestes appréciés par les puristes. Avant de prendre l’avion et de rallier Gaborone après un long et harassant voyage de près de 12 heures, Belmadi, au fait de tels imprévus (si tant est le terme est exact), prévenait qu’il opterait pour une tout autre tactique que celle adoptée contre une Zambie prise à la gorge et dominée outrageusement. Dans tous les compartiments de jeu.
«On va devoir jouer différemment» dira-t-il avant de rappeler ce qu’il considère comme une évidence (l’exemple zambien en est l’illustration parfaite même si ses attaquants ont su et pu déjouer l’adversaire, résout les problèmes posés à l’occasion avant de l’atomiser) et il a raison, qu’«une équipe défend bas, remplie de la volonté de bien défendre ça ne sera pas toujours facile. Pas toujours la fête et les scores fleuves.» Pour dire, peut-être, que le Botswana, qui joue devant son public et qui connaît dans ses moindres recoins cette pelouse qui pourrait s’avérer source de désagréments pour ses poulains, ne sera pas une proie facile. Aura pour argument principal une sur-motivation, faire tomber le champion d’Afrique pour un inconnu au bataillon, valant tous les sacrifices.

Les vertus de la réussite
«Ce ne sera donc pas partie aisée», suggère-t-il même si l’«équipe a jusque-là montré du caractère, du sérieux et de la constance.» Autant de qualités qui lui ont permis de ne pas rater son retour sur scène après l’intermède égyptien et un sacre toujours dans les esprits. Avec comme match référence la Colombie. Un après-CAN loin d’être évident mais réussi. Et bien. En étrillant la Zambie, dans un «match-revanche» qu’il ne fallait en aucun cas rater, devant son inconditionnel public de «Tchaker» qui plus est, le message a été clair. Rester au sommet en y mettant le cœur et l’envie. Beaucoup de professionnalisme. Prévenir le reste du continent que le groupe, dont les contours, habilement dessinés par un coach avisé et des plus pointilleux, sont restés inchangés même si de nouvelles têtes ont fait leur apparition (le trio composé du revenant Soudani et des deux bleus, Adem Zorgane et Spalo-Rahou) et que d’autres attendent leur heure (les portes restant ouvertes pour d’éventuels renforts de qualité, promet-il), a gardé intactes ses plans de conquêtes. Toujours prêt aux exploits. En commençant par bien honorer ses engagements continentaux et la défense d’un titre bien entamée, avant de s’attaquer (c’est déjà d’actualité), au mois de mars prochain, à la campagne mondiale menant à l’évènement planétaire de 2022 au Qatar. «Vacciné» contre les aléas de l’Afrique, le «Club Algérie», s’il semble inabordable, voire imbattable depuis la dernière messe sur les bords du Nil, s’est fait fort d’apprendre de ses erreurs en mettant l’habit d’imperturbable favori. En s’assumant. Solidarité à toute épreuve et un état d’esprit infaillible. Tous les ingrédients d’une sélection qui a su, grâce à la vision et au mental de son entraîneur, réapprendre les vertus de la réussite. En dégageant cette sérénité et cet optimisme de tous les instants, sans jamais douter même dans les conditions difficiles, qui lui permettent aujourd’hui de mieux vivre (c’est important et il y a du Belmadi dans ce mélange savant) ses succès. En restant dans leurs matches quand ils dominent et encore plus dans leurs «moments sans.» À quelques encablures de cette ultime sortie de l’année 2019 et un baroud d’honneur attendu en guise de meilleurs vœux, les indiscrétions nous parvenant de la capitale du Botswana parlent d’«une équipe déjà dans son match», les joueurs ayant fait le déplacement promettant de «briller à nouveau». Faire tout simplement leur boulot. Se montrer «sérieux» en imposant le respect, comme l’exige leur statut de N°1 d’Afrique. «Les conditions générales sont défavorables, l’adversaire motivé à l’idée de le faire tomber?» Qu’à cela ne tienne, puisque Belaïli comme Bounedjah et autres Bennacer, Slimani, compteront à nouveau sur leur talent et leur métier, en y mettant la maîtrise collective, pour rendre facile un match que l’hostilité de l’environnement peut, dans une moindre mesure, compliquer sans devoir trop peser sur son issue, les trois points ne devant (en principe, ainsi le voudrait la logique sauf accident de parcours imprévisible au vu des données actuelles et du standing des deux adversaires) pas leur échapper. Un succès en perspective et dans leurs cordes. Et l’assurance que le record de «17 sorties consécutives sans-défaite» a encore de beaux jours devant lui sommes-nous même tentés d’assurer. Sans soucis. Sans les «mais» généralement de circonstance ajouterions-nous.
Par Azouaou Aghilas