Un Euro-2016 prometteur sur fond de crise sociale en France

La France sera sous les feux de la rampe à partir de vendredi, et tout au long d’un mois à l’occasion de la coupe d’Europe de football avec au menu, 51 matchs pour la première fois de l’histoire de cette compétition intervenant cette fois-ci dans un contexte social et économique très tendu régnant dans l’Hexagone et marqué par des grèves à répétition depuis plusieurs semaines.

La sélection de France figure parmi les favoris en puissance pour triompher. Après être devenue championne d’Europe des nations en 1984 avec la bande à Platini, puis championne du Monde en 1998 avec la génération Zidane, l’équipe de France va relever un nouveau défi en tentant à nouveau de remporter une grande compétition à domicile.
Mais la championne du monde en titre, l’Allemagne, est l’autre grand favori des spécialistes, avec la France, pour remporter l’Euro 2016. Avec 3 victoires finales à l’Euro et 4 à la Coupe du Monde (dont la dernière), les Allemands ont l’expérience et la culture de la gagne. Si les hommes de Joachim Low ont échoué en finale en 2008 puis en 1/2 finale en 2012 lors des deux derniers Euros, ils sont redevenus champions du monde en 2014 et semblent capables d’enchaîner avec un nouveau triomphe.
Pour leur part, les Espagnols, et s’ils ont sombré lors de la dernière Coupe du Monde en 2014, restent doubles tenants du titre après leurs victoires à l’Euro en 2008 et en 2012, et que l’envie d’écrire un peu plus l’histoire du football européen sera présente chez eux.
Vainqueur de 9 de ses 10 matchs en éliminatoires, l’Espagne est toujours redoutable grâce à un vivier de joueurs sans fin et à des clubs qui continuent à truster les finales des coupes d’Europe. Avec à sa tête un Vicente del Bosque qui sait comment créer l’alchimie entre les joueurs du Barça, du Real et de l’Atletico, l’Espagne ne visera rien d’autre, qu’un nouveau titre de champion d’Europe dans cet Euro 2016.
Quant à l’Angleterre, sur qui personne n’aurait plus misé un centime après le Mondial-2014, tout a changé aujourd’hui chez elle. Auteurs d’un carton plein en éliminatoires avec 10 victoires en autant de matchs, les Anglais sont arrivés largement en tête du groupe E devant la Suisse, et ils ont confirmé depuis lors de matchs amicaux avec, notamment des succès face à la France et l’Allemagne.

Ils sont outsiders
Outre les 4 gros favoris, la Belgique peut, dans une moindre mesure, prétendre au sacre final. Cette sélection belge regorge de talents parmi lesquels Jan Vertongen et Toby Alderweireld de Tottenham, Radja Nainggolan de l’AS Rome, Kevin de Bruyne de Manchester City, Eden Hazard de Chelsea ou encore Romelu Lukaku d’Everton.
Toutefois, le tirage au sort n’a pas été clément avec les Diables Rouges dans cet Euro puisqu’ils devront affronter l’Italie en phase de groupes. En cas de 1re place dans le groupe E, les Belges devraient vraisemblablement retrouver l’Allemagne en quarts de finale et le pays organisateur, la France, en demi-finales.
Les hommes de Marc Wilmots seront donc dans l’obligation de réaliser plusieurs grandes performances s’ils veulent soulever la coupe le 10 juillet prochain au stade de France.
Dans la même poule que la Belgique, il y a l’Italie. La Squadra Azzura est une habituée des bons parcours en championnat d’Europe : 3 finales disputées en 1968, 2000 et 2012. L’arrière-garde menée par le gardien de but Gianluigi Buffon et ses coéquipiers de la Juve, Barzagli, Bonucci et Chiellini a de quoi faire saliver bon nombre d’équipes présentes à ce championnat d’Europe. Si l’Italie se réveille en attaque, elle pourrait créer la surprise.
Le Portugal est également un outsider crédible au sacre final. Les Portugais disposent dans leur effectif de l’attaquant du Real Madrid, Cristiano Ronaldo, véritable machine à marquer, 52 buts inscrits en 50 matchs disputés cette année toutes compétitions confondues et 56 réalisations en 125 sélections.
Mais la présence de l’un des meilleurs joueurs du monde ne cache pas certains manques dont fait état la sélection lusitanienne. Cristiano Ronaldo sera donc un peu esseulé au sein de son équipe.
La question est de savoir s’il peut mener ses coéquipiers vers un triomphe sur la scène internationale et glaner ainsi son 1er trophée avec son pays.
Enfin, la Croatie est l’une des sélections, peu évoquée, mais qui peut créer la surprise. Auteurs de matchs éliminatoires intéressants dans le groupe H, les partenaires de Luka Modric ont terminé à la 2e place, juste derrière l’Italie.
Avec seulement 5 buts encaissés, les Croates ont fait état de leurs belles dispositions en défense et ils peuvent s’appuyer sur des éléments jouant dans les plus grands clubs européens comme Luka Modric du Real Madrid, Ivan Rakitic de Barcelone et Mario Mandzukic de la Juventus de Turin.

L’exploit du Danemark et de la Grèce dans les esprits
Cette année, le parcours de Leicester en Premier League a rappelé aux observateurs que les grosses surprises étaient toujours possibles. Pour cet Euro, un vainqueur surprise n’est pas non plus à exclure.
Dans l’histoire, le Danemark, en 1992, avait réussi à remporter le 1er championnat d’Europe de son histoire après avoir été repêché peu de temps avant le début du tournoi suite à l’exclusion de la Yougoslavie et avait ainsi créé la sensation.
De même lors de l’édition de 2004 et ce fabuleux triomphe de la Grèce. Malgré l’absence de joueurs de renom, les Hellènes, grâce à une défense de fer et un collectif très soudé, avaient éliminé la France en quarts de finale, la République Tchèque de Pavel Nedved en demies et le pays hôte, le Portugal de Cristiano Ronaldo et Figo, en finale. Preuve que les surprises peuvent également se produire dans une grande compétition internationale.