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SUPPOSÉE MAROCANITÉ DU SAHARA OCCIDENTAL : Biden inflige un camouflet à M6

Par petites touches les États-Unis enterrent définitivement la scandaleuse décision Trump prise à la fin de son calamiteux mandat, « reconnaissant » une prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Ainsi le président américain Joe Biden se félicite mardi soir de la contribution des États-Unis dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, dans un message publié sur son compte twitter où il a affiché une carte mondiale où le territoire du Sahara occidental apparaît nettement séparé de celui du Royaume du Maroc. « Dès le premier jour, nous sommes convaincus que nous devons attaquer ce virus (Covid-19) à l’échelle mondiale. Et à ce jour, les États-Unis ont expédié plus de 110 millions de doses de vaccins dans plus de 60 pays et bien d’autres », a déclaré Biden montrant la carte des pays de l’Afrique du Nord où le Sahara occidental apparaît distinct et séparé du Maroc, loin de la carte donnée par l’ancien ambassadeur américain à Rabat, acquis aux thèses coloniales du Maroc. Commentant le geste de Biden, le journaliste marocain en exil Ali Lemrabet s’interroge dans un tweet: « Est-ce une erreur ou un message », d’autant plus que, a-t-il dit, « le compte officiel du président des États-Unis ne fait rien au hasard » et « ces gens-là réfléchissent mille fois avant de publier quelque chose ». C’est en effet un message clair du chef de l’exécutif américain au Maroc signifiant et bien qu’il n’ait pas enterré officiellement la décision Trump, rappelle que le États-Unis ne reconnaissent aucune souveraineté au Maroc sur le Sahara occidental territoire en cours de décolonisation. Ce qui explique sans doute le dépit de Rabat et le fait que dans son discours du trône le roi du Maroc n’ait pas mentionné pour la première fois la question du Sahara occidental et a fait diversion en évoquant les relations de son pays avec l’Algérie.
Pour rappel, Trump avait reconnu, le 10 décembre dernier, la prétendue « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental en échange d’une normalisation des relations entre Rabat et l’entité sioniste.
Depuis cette décision, de nombreux appels à travers le monde, et même aux États-Unis, ont été lancés, et se poursuivent jusqu’à ce jour, demandant à Joe Biden d’annuler officiellement la décision de Trump qui est en contradiction avec la Constitution américaine et le principe du droit à l’autodétermination, reconnu par les Nations unies. Un principe à la base de l’indépendance des États-Unis. L’ONU ne cesse de réaffirmer sa position intangible sur la question sahraouie, et considère le Sahara occidental occupé comme un territoire non-autonome ou doit s’exercer le droit à l’autodétermination.
Des organisations et des personnalités politiques américaines, ont lancé plusieurs appels à la nouvelle administration Biden, l’invitant à annuler la proclamation de Donald Trump. Vingt-sept membres du Sénat américain, dont Patrick Leahy et James Inhoff, avaient, dans une lettre exhorté Biden, à annuler la décision de Trump et à tenir l’engagement de Washington pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, avait appelé lors d’une réunion avec le SG de l’ONU, Antonio Guterres, à accélérer la nomination d’un Envoyé personnel au Sahara occidental, soulignant le soutien des Etats-Unis au processus des négociations politiques entre les deux parties (Maroc et Front Polisario), parrainé par l’ONU. Une prise de position qui de fait écarte la prise en compte de la décision Trump qui n’a aucune valeur juridique. Fin janvier, le Secrétaire d’État US avait déclaré que certaines des incitations incluses dans les accords dits d’ »Abraham » liés à la normalisation des relations de certains pays arabes avec l’entité sioniste méritaient de faire l’objet d’un « examen attentif », en référence implicite, à, entre autres avantages accordés par Trump, la reconnaissance de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
M. Bendib