SPORTS EQUESTRES

SUITE AUX CUISANTS ECHECS ENREGISTRÉS LORS DES JM (TARRAGONE) ET DES JAJ : Le MJS fait-il l’impasse sur le fiasco équestre ?

Au même titre qu’une dizaine d’autres fédérations sportives sujettes à des critiques relatives à leurs gestions et, par voie de conséquences, aux piètres résultats réalisés au terme des rendez-vous sportifs internationaux, à l’instar des Jeux Méditerranéens de Tarragone et des Jeux Africains de la jeunesse, les responsables de la Fédération algérienne des sports équestres, devenue une fédération budgétivore (plusieurs dizaines de milliards de centimes engloutis en quelques années), devront rendre des comptes aux membres de la nouvelle commission d’évaluation mise en place par le ministre de la Jeunesse et des Sports, laquelle commission sera subsidiairement chargée de dresser un état des lieux des fédérations ciblées et d’identifier les raisons à l’origine des résultats peu réjouissants réalisés lors des compétitions internationales.

C’est le cas pour la FEA qui, faut-il le souligner, s’est classée à la dernière place dans le classement général des JM par équipe. Cette fédération sujette à diverses critiques de la part d’une grande partie de la famille équestre et qui fait face à un mouvement de contestation qui fait tache d’huile, sera-t-elle en mesure de justifier le fiasco enregistré lors des Jeux de Tarragone et des JAJ sachant qu’elle a bénéficié de faramineuses subventions allouées par le MJS? Les responsables de cette instance fédérale, et en particulier le président qui, de l’avis de la plupart des adeptes, «ont largement contribué au marasme qui frappe de plein fouet cette discipline, actuellement en phase de déliquescence, seront comptables, de la gestion hasardeuse et unilatérale à l’origine de la régression de cette discipline en Algérie», ajoutant «qu’en plus de l’absence de formation de cavaliers et de formateurs allant dans le sens du développement de la discipline, l’instance fédérale manquant de clairvoyance, ne s’est pas sentie dans l’obligation d’utiliser les fonds alloués par le MJS pour le financement d’une véritable préparation adéquate des cavaliers de l’EN en vue de leur participation aux JM et aux JAJ». C’est dire que la décadence que connaît ce sport découle, selon des adeptes, «de l’absence de stratégie de développement de cette discipline et du cheval en Algérie, bien que cette mission fondamentale relève statutairement des prérogatives de la fédération équestre algérienne qui, faut-il le préciser, engloutit dans une totale opacité, des milliards de dinars concédés par la tutelle». «Une grande partie de ces milliards a servi au financement de concours internationaux organisés au sein du Haras de Mostaganem appartenant au président de la FEA et ce, au bénéfice des cavaliers étrangers et au détriment de leurs homologues algériens et du cheval du pays » indiquent-on. La signature, en catimini, d’une convention entre l’Institut Français du Cheval (IFC) et le président de la FEA confirme incontestablement le dévouement dont fait montre le président de la FEA dans sa démarche de promotion du cheval français. Il est à rappeler que dans un passé récent et lors d’un CSI organisé «pour les étrangers», l’actuel président de la FEA à fait retentir la Marseillaise et hisser le drapeau français, alors que les Algériens célébraient le 1er Novembre. Bien que certains parlent de coïncidence, il demeure que cet état de faits rapporté par les médias a suscité l’indignation du ministre des moudjahidine qui a interpellé le wali de Mostaganem de même que l’ex-ministre de la jeunesse et des sports qui étaient présents. Le malaise qui touche la discipline équestre est profond et celle-ci risque, si les pouvoirs publics n’y administrent pas la médication nécessaire, de connaître une décadence exponentielle.

La FEA en totale dislocation
Le départ inattendu du directeur de l’organisation sportive qui occupait également le poste de DTN vient confirmer l’atmosphère malsaine qui prévaut au sein de cette instance fédérale. Sans membres du bureau fédéral, sans DTN, sans SG (ce dernier a été curieusement nommé à la tête de la Société des courses hippiques et des pari mutuels) et sans aucune commission comme il est stipulé dans les statuts, il est plus qu’évident que la FEA est en totale infraction vis-à-vis de la réglementation et des lois en vigueur et activerait illégalement. Par ailleurs, le limogeage de Mahi Hadj, président du Haras de Metidji M’hamed Zoubir (Mostaganem), remplissant également la tâche de «bras droit et conseiller du président de la FEA» a été favorablement accueilli par la plupart des personnes composant la famille équestre. Il sied de préciser que ce dernier est considéré comme étant, en partie, « à l’origine de la déliquescence de la discipline». Il y a lieu de s’interroger sur le silence complaisant ou complice du MJS vis-à-vis de la situation «déliquescente» qui prévaut au sein de la FEA et devant laquelle le premier responsable qui avait pointé du doigt les fédérations défaillantes lors d’un point de presse, devrait réagir et sévir si besoin est.

Les membres du Bureau fédéral s’insurgent
Pour dénoncer l’exclusion dont ils font l’objet de la part du président de la FEA qui s’autorise le droit de gérer l’instance fédérale sans les consulter, 5 membres du bureau fédéral ont tenté de rappeler à l’ordre le président de la FEA via une correspondance l’invitant à faire montre de plus de considération à leur égard et activer dans la transparence. Devant le silence, voire la réaction négative du président, ces cinq membres du bureau fédéral ont interpellé le MJS, par le biais d’une correspondance sous forme de rapport mettant en relief le caractère unilatéral du premier gestionnaire de l’instance fédérale. En évoquant le volet de la gestion, ces derniers ont employé le terme «catastrophique». Un terme résonnant comme une sonnette d’alarme qui devrait, logiquement, faire réagir le premier responsable de la tutelle.

La FEA sujette à la contestation et diverses plaintes
La gestion aléatoire et le comportement du président de la FEA ont suscité la réaction d’un bon nombre de responsables de centres équestres qui se sont sentis investis par l’obligation d’interpeller le président de la FEA, Metidji M’hamed Zoubir, via une correspondance l’invitant au dialogue. Alors que ces derniers envisageaient de débattre de la situation et proposer des solutions, le président de la FEA, tout en foulant au pied la réglementation et les lois de la république, s’est permis la largesse de, tout bonnement, les «radier» de manière illégale. En réaction à cette sanction, les présidents des centres équestres ont interpellé le MJS via une correspondance et introduit des plaintes près le Tribunal algérien du sport (TAS) pour dénoncer et protester contre les décisions du président de la FEA qui, somme toute, refuse toute forme de dialogue, s’obstinant à gérer «en vase clos».

La FEA dans le collimateur de l’IGF ?
Cette probabilité, annoncée par les médias à l’instar du quotidien El Watan, tendrait à se confirmer au vu du ton et termes utilisés par le ministre à l’adresse des journalistes lors d’un point de presse. «Les fédérations défaillantes doivent rendre des comptes» devait-il marteler dans ce sens. Pour l’heure et en attendant de subir les contrôles d’évaluation devant être effectués par les membres de la commission mise en place par le MJS, il est permis de croire que, selon certaines indiscrétions, «la FEA serait sur le point de subir, par ricochet, un audit devant être effectué par l’IGF». Un contrôle qui fera, sans aucun doute, la lumière sur les multiples dysfonctionnements et irrégularités relevés tant sur le plan financier que sur celui relatif à l’aspect structurel et organisationnel et dénoncé par les présidents des centres équestres dans une correspondance adressée au MJS.
Des irrégularités rendues publiques par des médias. Il est plus qu’une certitude, affirme-t-on dans le milieu équestre, que «Metidji M’hamed Zoubir, qui a tendance à gérer l’instance fédérale comme étant son propre bien, aura bien des difficultés à justifier les dépenses faramineuses se comptant à coups de dizaines de milliards, dont une partie aurait servi au financement des concours internationaux organisés uniquement dans son Haras de Mostaganem, mais également d’autres dépenses n’ayant entraîné aucun impact positif pour le développement de la discipline en Algérie».
Hamid Zenda