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Statistiques : après le tâtonnement…

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Si un moyen a, par le passé, manqué à la gouvernance dans notre pays, c’est bien celui des statistiques. Certains peuvent penser qu’elles ont existé puisqu’un Office national des statistiques (ONS) est à l’œuvre depuis 1982. En réalité, il était chargé de produire des études et des enquêtes. Pas des statistiques. C’est ce qui a fait dire au président Tebboune, lors de l’inauguration, dimanche dernier, du Centre national algérien des services numériques à Mohammedia que « sans statistiques, nous ne pouvons aller loin ». Depuis 2019, il avait en tête de mettre en place « un réseau national de collecte d’informations statistiques, du niveau local au niveau national, afin d’améliorer la fiabilité des statistiques et des indicateurs socioéconomiques et de rendre l’action publique et les réformes programmées plus efficaces » qu’il a inscrit dans ses 54 engagements, au point 26. Pour comprendre la détermination du Chef de l’État, il faut remonter l’histoire des illusions dans notre pays. Dès juillet 1970, un secrétariat d’État au plan était intégré au gouvernement. En 1979, il prend de l’importance et devient ministère de la planification. Il prend encore plus d’importance en 1982 puisque son ministre se voit assisté d’un vice-ministre. Mieux, en 1984, c’est un ministre de la planification de 1979 qui est promu premier ministre tandis que le portefeuille de la planification est confié à un nouveau ministre. En 1986, on lui adjoint un vice-ministre. En 1988, la planification disparaît des tablettes du gouvernement. Jusqu’au remaniement de 1996 où la planification revient au gouvernement et est confiée à « un ministre délégué auprès du chef du gouvernement ». En 1998, la planification disparaît une nouvelle fois du gouvernement. Et pour plus d’une décennie. Ces « allées et venues » de la planification masquaient un mal-être. Car sans statistiques, toute planification ne pouvait être qu’illusoire. D’ailleurs en 2010, il y a eu la désignation d’un ministre « de la Prospective et des Statistiques » assisté d’un « secrétaire d’État ». En 2012, la « prospective » disparaît au profit d’un « secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé (carrément NDLR) des Statistiques » avant de disparaître en 2013. En 2014 retour de la prospective confiée à un « ministre délégué auprès du ministre des Finances » avant de disparaître, une fois pour toutes, en 2015 jusqu’à l’inauguration, dimanche dernier, du Centre national algérien des services numériques. Ce centre a des « lignes » de production à l’infini. Celle des statistiques n’est pas la moindre. Pour la prise de décisions à tous les échelons. Par sa participation au bien-être du citoyen. Avec sa production de statistiques fiables et précises, notre économie en général et nos finances en particulier connaîtront des progrès considérables. Tout en permettant, a ajouté le président Tebboune, de « couper la voie aux pratiques antérieures telles que la falsification, la diffusion de fausses informations, et autres ». Place à l’efficacité dans la transparence !
Zouhir Mebarki

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