Greve

Session de rattrapage du DEMS en juillet : Le Camra indigné

Pour le Camra, s’inscrire à la session de rattrapage du DEMS est synonyme d’une «inscription à une liste de capitulation».

Le bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a rendu, hier, un communiqué de presse, dans lequel il s’indigne quant au traitement réservé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au dossier des candidats au DEMS. Alors que le département de Tahar Hadjar a annoncé une session de rattrapage de l’examen national du diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS) pour l’année universitaire 2017-2018, qui aura lieu du 1er au 19 juillet prochain, le Camra affirme que cette session est prévue « à l’origine pour les résidents non concernés par la grève ou au petit groupuscule qui a succombé à la maltraitance de la deuxième session ». Tout en se disant  « indigné » du traitement réservé au dossier des candidats au DEMS qui seraient « autorisés à s’inscrire exceptionnellement » à une session « de rattrapage », le Collectif souligne que la tutelle « mise sur une usure psychologique finement appliquée afin que les Demistes marchent d’eux même s’inscrire sur les listes de leurs capitulation ».
Plus loin, le Camra affirme, à travers son communiqué, que «cette session aura lieu sans respect du délai réglementaire d’annonce et sans déclaration explicite de la situation des Demistes vis à vis de cet examen ». En ce sens, la même source souligne que la tutelle ne cesse « d’innover dans les moyens d’intimidation et dans les odieuses solutions de rafistolages tant sur le plan sanitaire qu’académique ». Tout en tenant à rassurer les résidents en première année que leur combat n’est pas en vain, le Collectif regrette « la léthargie mortifiante de la tutelle » tout en dénonçant les « fausses invitations au  dialogue ». Dans ce sillage, le Camra accuse la tutelle de « prendre en otage la foi et les espoirs de milliers de jeunes médecins Algériens et la santé de millions de citoyens ». À noter que les médecins résidents, animeront, aujourd’hui au siège du Snpsp (Syndicat national des praticiens de santé publique) une conférence de presse, afin d’éclairer l’opinion publique quant « aux raisons du blocage des négociations », ainsi que pour annoncer les actions à venir du mouvement, sans oublier de faire le bilan de la grève qui perdure depuis 7 mois. L’on s’attend à ce que le Camra exprime sa position officielle au sujet de cette nouvelle session DEMS. En effet, les futurs spécialistes n’ont pas encore affirmé si cette session sera encore re-boycottée, d’autant que la question risque de diviser les résidents entre eux. Rappelons, à cet effet, que c’est ce Dems qui avait «cassé» la grève de 2011, puisque les candidats de l’époque n’avaient pas voulu prendre un tel risque. Si les Demistes décident de passer cet examen crucial, à ce moment, le mouvement sera inévitablement terni ; voire essoufflé.
S’apprête-on ainsi à enterrer la hache de guerre entre les futures spécialistes et le gouvernement ? Telle est la question à laquelle répondra le Camra aujourd’hui. Notons qu’il est fort probable que la tutelle garde les anciennes listes des inscriptions. Le diplôme qui sanctionne la fin de la formation de spécialiste pour un médecin résident est organisé chaque année à raison de deux sessions. Elles se déroulent « entre janvier et décembre pour la normale et entre mars et avril pour celle de rattrapage. La session de rattrapage est organisée dans un délai n’excédant pas trois mois, pour les résidents n’ayant pas réussi à la session normale de l’examen. Les résidents n’ayant pas été admis à la session normale, gardent le bénéfice de l’épreuve acquise pour la session de rattrapage. En cas d’échec final, le candidat doit repasser toutes les épreuves. En cas d’ajournement et si la durée des études est supérieure d’une année à celle prévue dans le cursus, une inscription pour repasser l’examen du DEMS est accordée au résident. Le boycott des deux sessions du DEMS, a constitué en janvier et en avril dernier une carte de pression exercée sur la tutelle.
Lamia Boufassa