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SES PARTISANS ONT SEMÉ LE CHAOS DANS LE CAPITOLE : L’après-Trump provoque le déluge

Au moment où les États-Unis enregistraient, mercredi dernier, un nombre important de victimes de la Covid 19, plus de 361 100 décès pour les 21 299 340 cas positifs confirmés depuis le début de la pandémie, et près de 4000 morts en 24 heures, la pénible transition à la tête de la présidence américaine, de Donald Trump à Joe Biden a révélé les signes coureurs de l’après-Trump. Les partisans du président-sortant, Donald Trump, envahissaient le symbole de la démocratie américaine, le Capitole, ou se déroulait la certification formelle des résultats de la présidentielle, par les membres des deux chambres, marquant ainsi le début de ce que sera le pays de l’oncle Sam, dans les années futures.

Les Américains et le monde aussi, choqués par le vandalisme et la violence qui a caractérisé, le rassemblement à Washington, mercredi dernier, des supporteurs de Donald Trump en réponse a l’appel, qu’il leur a lancé, à moins de trois semaines de son départ de la Maison Blanche, le 20 janvier prochain, découvrent non seulement le niveau de fragilité attient par le système politique américain mais aussi le signe fort de l’affaiblissement de l’empire de l’oncle Sam. Envahissant le grand édifice du symbole de la démocratie américaine, malgré la forte présence et mobilisation des services de sécurité, les images montrant les pro-Trump assiéger le Capitole, jusqu’à faire évacuer les sénateurs, cet événement a représenté, à plus d’une titre, les divisions qui gangrènent le pays, au-delà du simple fait du refus de voir Trump quitter la Maison Blanche. Si auparavant les milliers d’américains qui se sont rassemblés, des semaines durant, en réaction à l’assassinat par des policiers, de l’Afro-américain, G. Floyd et d’autres après lui, non loin des édifices des institutions américaines, sans aller jusqu’à les envahir ou bien voir l’échec des services de sécurité à contenir ces milliers de manifestants du mouvement de « Black Lives Maters (la vie des Noirs compte : Ndlr) contre le racisme systémique aux États-unis, les médias américains font état de « complicités » de policiers acquis aux idées conservatrices et de l’extrême droite américaine, sur lesquels s’est appuyé Trump durant son mandat et sa campagne électorale, qui a vu 70 millions d’américains voter en sa faveur. La crise économico-financière ayant secoué le monde capitaliste, à sa tête les États-Unis, en 2008, n’ayant pas été réglée, par des décisions de colmatage, selon les médias américains, durant la présidence de Barak Obama, puis par d’autres de natures protectionnistes, durant le mandat de l’ex-homme d’affaires arrivé à la Maison Blanche en 2016, à partir du 20 janvier prochain, Biden sera à la tête d’un pays fragile et affaibli à divers niveaux, l’ex- vice-président américain, d’Obama, aura la tâche difficile, notamment pour pouvoir réussir à apaiser le bouillonnement des millions d’américains, ceux déterminés à refuser la défaite de Trump et aussi les millions de voix, des jeunes et les laissés pour compte, constituant la base de Sanders, qui ont voté en faveur de Biden, pour exclure Trump de la Maison Blanche. Aussi, même s’il a déjà son plan pour tenter d’ abaisser la courbe des cas contaminés et des victimes de la Covid19, dans le pays le plus touché et meurtri par cette pandémie mondiale, en annonçant sa mesure du port obligatoire du masque pendant 100 jours, il lui sera très difficile de trouver les réponses appropriées, aux conséquences gravissimes de la situation sanitaire, sur des millions d’américains, plongés dans le chômage et la précarité ainsi que les nouveaux arrivés dans le monde de la pauvreté. La crise du système capitaliste sur fond de l’exaspération de ses contradictions a révélé au grand monde, les problèmes et les difficultés, dans lesquels est plongé le pays qui a longtemps promu le rêve américain. Le futur président américain Biden aura sur son bureau ovale des questions auxquelles il est attendu par les américains d’apporter les réponses, notamment sur des problèmes non moindres, par leurs complexités, profondeurs, sur fond des racines même des inégalités, indifférences, de nature raciales ou économiques. Situation interne délicate annonciatrice de troubles et d’instabilité explosive, accentuée par les ravages de la pandémie du Covid-19, qui ne sera pas sans impact et sur la scène mondiale, notamment sur ses alliés et partenaires traditionnels. Déjà que la bataille pour faire reculer, un tant soit peu, l’effondrement du monde unipolaire, bien avant l’arrivée de Trump à la Maison Blanche et bien après, le mandat présidentiel de ce dernier, la montée en puissance d’autres économies a donné un nouveau coup, rythme et contenu, aux rapports mondiaux, notamment, par le rôle premier de Pékin et de Moscou ainsi que, le regroupement des pays du BRICS et l’Eurasie. Avec l’insurrection manifestée au congrès américain, mercredi dernier, en pleine séance même au caractère formel de la victoire du démocrate Joe Biden à l’élection présidentielle, les États-Unis venaient de franchir, en cette journée, inédite dans l’histoire de ce pays, le seuil d’une nouvelle étape, de tourments et de tensions, que les américains ont vécus, il y a très longtemps dans leur histoire.

une hausse des importations de 7,2 milliards de dollars sur le mois, à 252,3 milliards
Le lourd dossier économique sera le casse-tête, du successeur de Trump, avec l’héritage d’une situation faisant état d’un déficit commercial des USA au plus haut depuis août 2006, selon les données du département du Commerce, alors que les analystes attendaient un déficit moins élevé. Le solde des échanges des biens et services « s’est établi, novembre dernier, à 68,1 milliards de dollars. le plus haut depuis août 2006», indique le Census Bureau au moment où des analystes s’attendaient à un déficit moins élevé de 67,70 milliards de dollars, et le montant total des exportations américaines s’élève à 184,2 milliards de dollars, soit 2,2 milliards de plus que le mois précédent (+1,2%), mais les importations ont surtout connu une augmentation. Les chiffres indiquent que les importations de l’Oncle Sam ont enregistré une hausse de 7,2 milliards de dollars sur le mois, à 252,3 milliards, soit +2,9%. La montée en force de l’axe Chine et Russie sera difficile à surmonter par la future administration Biden ainsi que ses alliés. Il y a cinquante ans, faut-il le noter, neuf des dix premiers ports mondiaux étaient occidentaux et aujourd’hui, seul Rotterdam entre difficilement dans le classement, tandis que l’Asie rafle la mise, particulièrement la Chine, avec sept ports sur dix. Même les sanctions américaines contre des pays qui lui sont hostiles, à l’exemple du Venezuela et l’Iran, n’ont pas réussi à les faire fléchir ou changer leur politique pour satisfaire les caprices de l’oncle Sam. À titre d’exemple, l’Iran, pays subissant les conséquences des sanctions et les conséquences du désengagement des États-unis sur l’Accord nucléaire iranien, alors que durant vingt ans, la présence américaine en Afghanistan n’a pas été en mesure de construire la moindre infrastructure, l’Iran va sur la réalisation d’une ligne ferroviaire vers l’Afghanistan. L’image donnée au monde, par ce qui s’est passé au Capitole, mercredi dernier, contraste avec une Chine, sollicitée de par le monde, dont les principaux alliés et partenaires des USA, les pays européens, pour leur apporter son aide, dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19, alors que les responsables américains continuent d’incriminer Pékin, pour la propagation du coronavirus.
Karima Bennour