Révision de la constitution : Bouteflika remet les pendules à l’heure

Le Chef de l’État a présidé, mardi 30 décembre 2014, un Conseil des ministres. Il a évoqué à l’issue de cette réunion plusieurs questions dont celle de la révision de la Constitution. Le chef de l’État n’a pas donné un calendrier précis, il s’est contenté d’affirmer qu’il aboutira dans les prochains mois. Le projet de révision constitutionnelle «n’est pas au service d’un pouvoir ou d’un régime comme cela est prétendu ici ou là. Bien au contraire, il ambitionne à consolider les libertés et la démocratie», a indiqué le chef de l’État. «Bien évidemment, la porte demeure ouverte devant ceux qui ne se sont pas encore associés à cette consultation qui reflète l’esprit même de la démocratie et qui est menée dans le respect des différences», a-t-il souligné. La révision constitutionnelle, décidée à l’initiative du président de la République, en vertu des pouvoirs que lui confère la Constitution, s’inscrit dans le cadre de la poursuite du processus des réformes politiques. Elle vise à adapter la loi fondamentale aux exigences constitutionnelles suscitées par l’évolution rapide de notre société et les mutations profondes actuellement en cours à travers le monde. La révision projetée sera notamment destinée au renforcement de la séparation des pouvoirs, à conforter l’indépendance de la justice et le rôle du Parlement, à l’affirmation de la place et des droits de l’opposition et à garantir les droits et libertés des citoyens. Le chef de l’État a précisé que l’objectif était de «dégager un consensus autour des questions fondamentales et garantir l’efficacité des nouvelles dispositions constitutionnelles». «Il est clair que l’objectif visé est de faciliter le processus d’ouverture de la société algérienne, en œuvrant à la préservation de sa stabilité et en lui épargnant les perturbations que connaissent différents pays du monde en cette ère marquée par de profondes mutations», a précisé le président de la République. «Pour ce faire, nous veillons particulièrement à ne pas verser dans l’imitation ni dans l’improvisation. Notre pays, qui a subi les affres du terrorisme, refuse de s’aventurer dans pareille entreprise, qui souvent engendre des drames et que notre société rejette d’emblée», a insisté le président Bouteflika. Il a souligné que des décisions «ont été prises et annoncées» à cette fin, affirmant que la dynamique de développement «ne sera pas arrêtée par la crise, afin de continuer à créer des emplois pour nos jeunes, et de poursuivre la construction des logements, des écoles, des universités et des infrastructures de santé, pour toute la population».«La prise de conscience et l’effort de tous, permettront aussi d’accélérer les réformes économiques requises ainsi que la construction d’une économie nationale diversifiée et compétitive, tout cela dans un attachement permanent à la justice sociale et à la solidarité nationale», a souligné le chef de l’État. Par ailleurs, le président Bouteflika a rendu grâce à Dieu pour «la paix et la stabilité dont nous avons bénéficié durant l’année qui s’achève, ainsi que pour les progrès nouveaux que nous avons réalisés au milieu d’un environnement international lourd d’incertitudes, et dans un contexte régional où des foyers de tensions font peser des menaces réelles sur la sécurité de tous les pays. Dossier d’actualité, les débats sur la révision constitutionnelle focalisent la scène nationale et multiplient les lectures dans les espaces et forums  des médias en donnant la parole aux personnalités politiques, aux juristes et aux spécialistes du droit constitutionnel. Le président de la République rassure que l’Algérie ne ménagera aucun effort pour construire l’édifice de ces fondements démocratiques et de les conforter, dans le respect de leur spécificité et des valeurs universelles, avec davantage de consécration des principes de l’État de droit, de démocratie et de pluralité. Et le chef de l’État insiste sur la nécessité de veiller particulièrement à ne pas verser dans l’imitation ni dans l’improvisation expliquant que le pays qui a subi les affres du terrorisme, refuse de s’aventurer dans pareille entreprise, qui souvent engendre des drames et que notre société rejette d’emblée. Pour rappel, et à l’annonce de la révision de la Constitution, les réactions ont été nombreuses et la classe politique a exprimé clairement ses positions sur un certain nombre de  volets d’amendement de la loi fondamentale. C’est ainsi que le FLN  précise que le président de la République confirme que la Constitution va être révisée. Pour ce qui est des délais, c’est le président de la République qui choisit le moment idéal, affirmant que la révision est dans l’intérêt de toutes les parties, donc de la classe politique, des institutions de l’État, du projet d’État civil, des médias. Toute la société a intérêt à participer et à soutenir la révision constitutionnelle pour faire avancer l’État. Aussi le Président n’a pas fermé la porte devant l’opposition pour qu’elle donne ses propositions. Le secrétaire général du MPA réagit en soutenant que le président de la République confirme son intention de réviser la Constitution contrairement à ce que dit une partie de l’opposition en parlant d’un projet abandonné en réaffirmant que c’est après de très larges consultations que cette révision aura lieu et que cette révision favorise tout en veillant à la stabilité du pays.
Lazreg Aounallah

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