Linda Thomas-Greenfield

PROCESSUS DE DÉCOLONISATION DU SAHARA OCCIDENTAL : L’ambassadrice américaine à l’ONU « pleinement confiante » en Staffan de Mistura

L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a dit avoir pleinement confiance en l’Envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental Staffan de Mistura pour relancer le processus politique onusien en vue de parvenir à une solution durable. « C’est un plaisir d’accueillir Staffan de Mistura à New York en tant qu’Envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental. Nous avons pleinement confiance en son leadership pour reprendre le processus politique onusien afin de parvenir à une solution digne et durable à ce conflit », a indiqué l’ambassadrice américaine, mardi dernier, dans un tweet. Le diplomate italo-suédois de 74 ans avait pris ses fonctions de nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, le 1er novembre dernier, succédant à Horst Kohler . Staffan de Mistura aura ainsi la lourde tâche de relancer les négociations entre les parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, au moment où les appels se multiplient pour un « dialogue direct » entre les protagonistes comme seule voie pour parvenir à une solution mutuellement acceptable prévoyant l’autodétermination du peuple sahraoui en vertu de la Charte des Nations unies. Avant Horst Kohler, l’ONU avait déjà nommé des médiateurs, dont deux Américains, après le cessez-le-feu en 1991,sous l’égide de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc en vue de la tenue du referendum d’autodétermination du peuple sahraoui, par la création en cette même date de la Mission de l’ONU pour l’organisation du referendum au Sahara occidental (Minurso) . Un processus qui n’a pas abouti en raison de la volte face de l’occupant marocain, renançant à ses engagements pris , en 1991, jusqu’à octobre 2020, des accords de cessez-le-feu précité , à l’origine de la reprise de la guerre entre l’armée de l’occupant marocain et l’armée de libération du peuple sahraoui (ALPS). Par ailleurs, les condamnations de la répression par les autorités coloniales du royaume des Sahraouis, dans les territoires occupés s’intensifient, appelant le Conseil de sécurité à assumer son rôle et de faire valoir les textes de la Charte de l’ONU au Sahara occidental, sur le droit de la force et des pressions des lobbies pro-marocains, dans son occupation des territoires sahraouis. L’eurodéputé Miguel Urban a demandé à la commission des droits de l’Homme du Parlement européen d’intervenir « pour assurer la sécurité de la militante sahraouie Sultana Khaya », dont l’état de santé, affirme-t-il « a été affecté après l’agression des forces d’occupation marocaines qui lui ont injecté une substance inconnue ». À l’aube du 8 novembre, un groupe de paramilitaires marocains a attaqué la maison de la famille Khaya, à Boujdor, dans le Sahara occidental occupé par le Maroc, et a injecté à Sultana Khaya une substance inconnue, en plus de causer des dégâts à la maison, qu’ils ont aspergée avec de l’eau de mouffette, utilisée dans les attaques israéliennes contre les Palestiniens, selon Equipe Media. Sultana Khaya, sous résidence surveillée avec sa famille, a raconté dans une vidéo que des paramilitaires masqués sont entrés dans la maison à 4h30 du matin, brisant la porte et agissant brutalement. Elle affirme qu’elle porte des traces d’agression sur son corps, qu’elle a été fouillée et traînée par terre. « Ensuite, affirme-t-elle, ils ont baissé mon pantalon et m’ont injecté quelque chose que je ne connais pas et j’ai essayé de résister. Ma mère âgée pleurait et les suppliait (…) En ce moment, je ressens des douleurs dans mes reins et dans tout le côté du corps ». Sultana Khaya, qui a vaincu une infection au Covid-19 également causée par des agents marocains, a subi avec sa famille, et notamment sa soeur Louaara, des agressions continues à leur domicile par la police et les paramilitaires. Face à cette nouvelle agression, l’eurodéputé Miguel Urban (gauche) a déclaré sur Twitter qu’il allait demander à la commission des droits de l’Homme du Parlement européen d’exiger qu’une délégation de l’Union européenne se présente chez Sultana Khaya « et veille sur sa sécurité et celle de sa famille. » « L’Europe ne peut pas continuer à regarder de l’autre côté », a-t-il déclaré.
K. B./APS