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Les Rolling Stones : Du blues dans le désert

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 Les deuxième et troisième week-ends d’octobre, 450 000 personnes ont pris la route du désert californien pour retrouver les plus grandes gloires des sixties, dont certaines étaient déjà à Woodstock en 1969. Reportage sur les légendes du desert Trip. Aujourd’hui, les Rolling Stones.

Leur dernière apparition avait eu lieu le 25 mars, à Cuba, où ils se produisaient pour la première fois. Concert historique, relayé dans le monde entier, célébrant les retrouvailles de la terre de Fidel Castro avec la civilisation moderne.
Comment, donc créer de nouveau l’événement lorsque l’on joue le même week-end que tous ses célèbres confrères? Malins comme des Sioux, Mick Jagger et les siens eurent la délicieuse idée d’annoncer le jeudi 6 octobre la parution de leur nouvel album, «Blue & Lonesome» pour début décembre, un disque entièrement composé de reprises de blues.
Les voilà donc qui débarquent en grande pompe à 21h40 sur l’immense scène plantée au milieu du désert entouré de montagnes. L’air est brûlant malgré la nuit tombée, mais les Stones s’en fichent éperdument. Ils sont là pour faire grimper l’adrénaline. Comme à chacune de leurs prestations, le démarrage est un peu cafouilleux.
D’autant qu’avec un son exceptionnel, on entend clairement leurs erreurs. Keith Richards n’est pas encore à son affaire, Charlie Watts, habituel métronome, se prend par deux fois les pieds dans le tapis. Mais Mick Jagger avance. Il virevolte sur l’avant-scène, court, danse, harangue les spectateurs.
Les Stones jouent «Come Together» des Beatles devant un McCartney tout sourire
Dès le quatrième titre le voilà qui annonce: «’Ride ‘Em on Down’, une chanson de notre prochain disque.» Et là, les choses s’emballent pour de bon. Ravis de revenir à leurs premiers amours, les Stones s’éclatent sur ce titre des années 1930, en lui insufflant une incroyable pêche.
On s’imagine dès lors une suite de concerts totalement prévisible: des tubes, des tubes et encore des tubes. Alors qu’ils attaquent «It’s Only Rock’n’Roll», Paul McCartney s’installe dans une loge VIP juste derrière les rangs réservés aux médias. Une folie douce s’installe dans les tribunes. D’autant que sur scène les Stones ont préparé une deuxième surprise. «Nous allons maintenant reprendre un morceau de l’un des plus grands groupes du siècle. Peut-être le plus grand.» Et les voilà jouant «Come Together» des Beatles devant un McCartney tout sourire.
Le final s’annonce déjà avec «Midnight Rambler», qui sera suivi de «Miss You», «Gimme Shelter», «Sympathy for the Devil», «Brown Sugar» et «Jumpin’ Jack Flash».
Les Rolling Stones ont beau jouer ces titres depuis des années, ils arrivent encore à leur donner une rage folle. Richards désormais en forme décide de faire n’importe quoi et monte le volume de sa six-cordes. Plus ses riffs résonnent dans la plaine, plus il sourit.
Jagger calme le jeu pendant le rappel avec une version émouvante de «You Can’t Always Get What You Want». «Satisfaction» clôt l’affaire après deux heures dix de débats électriques, enfiévrés et parfois complètement surréalistes. Paul McCartney a déjà filé en coulisses, mais il est prévenu: un sacré défi l’attend le lendemain.

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