Bouchareb-Goudjil

LES DÉPUTÉS ET SÉNATEURS FLN EN ACTION POUR LEUR DESTITUTION : Bouchareb et Goudjil dans le collimateur

L’éjection de Mouad Bouchareb de la tête du FLN par les militants n’a pas suffi à dissiper la méfiance et le rejet populaire envers l’ancien parti unique.
Dans une tentative de sauver l’image du parti, les députés et sénateurs FLN se préparent à enclencher les procédures de destitution contre Bouchareb et Salah Goudjil, respectivement présidents de l’APN et du Conseil de la nation. Le nouveau président de groupe parlementaire du FLN à l’APN, Khaled Bouriah, député de Tiaret, a demandé à Mouad Bouchareb de déposer sa démission de la présidence de la l’APN, pour répondre ainsi aux revendications de la rue exprimées par le mouvement populaire. Dans des déclarations à la presse, Khaled Bouriah a déclaré que le groupe parlementaire du FLN tentera, dans un premier temps, de privilégier le principe de négociation avec le président de l’Assemblée pour lui signifier qu’il doit démissionner. «La coordination entre les députés du FLN est la mission dont il devrait s’acquitter pleinement dans les prochains jours devant la conjoncture actuelle que traverse le pays. Les revendications du peuple algérien doivent être écoutées. Le SG du FLN, Mohamed Djemaï, a insisté, à maintes reprises, que la voix dU peuple doit être concrétisée dans toutes les Institutions constitutionnelles là où il y a des députés du FLN», a-t-il indiqué. Pour rappel, Mohamed Djemaï a procédé, dès son installation, à une reconfiguration du groupe parlementaire du FLN au sein de l’Assemblée pour écarter ainsi les hommes de Bouchareb. Djemaï a désigné, dans une correspondance adressée au nouveau président de son groupe mardi dernier, une liste de dix vices-présidents, où figurent notamment les ex-ministres Boudjemâa Talaï et Mohammed Djelab, et ce, afin de « donner une nouvelle dynamique au travail du groupe parlementaire du parti ». La semaine dernière, les députés FLN avaient signé une longue liste appelant Bouchareb à la démission, lui notifiant qu’ils boycotteront tous les travaux en plénières et en commissions. Le parti, incarné par la nouvelle direction de Djemaï, a menacé d’accentuer encore son action si Bouchareb ne songe pas à se retirer, en gardant seulement son mandat de député. « L’éthique impose que Bouchareb devrait, dès les premières semaines du Hirak, présenter sa démission. Ce sont les règles du jeu politique. Et cela sans nous pousser à opter pour cette procédure [pétition de demande de démission]. Bouchareb aurait peu demandé à consulter le parti s’il est toujours désirable ou non », a réagi une source parlementaire du FLN. Devant ses mises en garde, Bouchareb risque un scénario à la Saïd Bouhadja s’il s’obstine toujours à rester à son poste au perchoir de l’APN. Parallèlement, le groupe du FLN au Sénat s’est réuni, lundi dernier, pour discuter une proposition de résolution visant à procéder à la destitution du président par intérim du Conseil de la Nation, Salah Goujil, en vertu de l’article 6 du règlement intérieur de la chambre haute du Parlement. Cette démarche des sénateurs FLN expriment, selon des discrétions, leur constat que «le Sénat est gelé depuis longtemps, ce qui nécessite l’élection d’un nouveau président ». Salah Goujil, qui occupe la présidence par intérim du Sénat en sa qualité de sénateur le plus âgé en remplacement à Abdelkader Bensalah désigné comme chef de l’État par intérim suite à la démission de Bouteflika, a été membre du bureau politique du FLN installé par Bouchareb. Une procédure jamais appliquée depuis la constitution de Conseil de la Nation, la destitution de Goujil sera, si elle vient d’être appliquée, une première. En effet, le cas de vacance du poste de président de Conseil de la nation «ne peut être constaté qu’en cas de démission, incompatibilité, empêchement légale ou décès», stipule l’article 6 du règlement intérieur du Sénat. Si la vacance est constatée par l’instance de coordination que constituera le bureau du Sénat, les sénateurs devraient voter à la majorité une pétition de vacance et élire ensuite, conformément à la procédure, un nouveau président dans un délai ne dépassant pas les 15 jours.
Hamid Mecheri