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LE PRÉSIDENT TEBBOUNE A DONNÉ LE «LA» DU PROCESSUS POST-CONSTITUTION : Cap sur les élections législatives et locales

Au-delà de rassurer les Algériens sur son état de santé et de là projeter son retour au pays dans deux à trois semaines, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, tient à son agenda, même étant en période de convalescence en Allemagne. Pour preuve, il place désormais l’Algérie sur l’objectif post-Constitution, à savoir la révision de la loi organique inhérente au régime électoral. Un projet qui, une fois réalisé, ouvrira la voie à des élections législatives et locales anticipées.
C’est, du moins, là un défi triptyque qui, faut-il le rappeler, fait l’essentiel du programme de réforme politique globale du chef de l’État avec son corolaire sur la vie économique et sociale du pays. Ainsi, dans son message vidéo diffusé, dimanche dans l’après-midi, à l’attention du peuple algérien, le président Tebboune a annoncé avoir enjoint les services de la Présidence de suivre l’évolution du cours du projet de loi organique sur le régime électoral. La commission chargée de l’élaboration du texte étant installée le 19 septembre, celle-ci a été confiée au professeur Ahmed Laraba, l’architecte du projet de la nouvelle Constitution votée le 1er novembre dernier.
Sur le même chapitre de son message, le chef de l’Etat a accordé à cette commission un délai allant de 10 à 15 jours tout au plus, à l’effet de rendre son travail. Ce qui fait que, une fois élaboré le texte devra être soumis à l’approbation du Parlement ou bien à une dérogation du chef de l’État pour qu’il soit suivi d’effet immédiat. C’est dire l’empressement du Premier magistrat du pays quant à maintenir le process de réforme politique sur une bonne cadence. À présent, donc, la démarche post-Constitution est enclenchée à la faveur de l’instruction présidentielle. En termes claires, place maintenant à la dissolution des assemblées élues, allant de l’APN aux l’APC en passant par les APW.
Dans ses précédentes entrevues avec la presse nationale, le locataire d’El Mouradia avait émis le vœu d’aller vers le renouvellement des mandats des élus avant la fin de l’année courante. Ceci pour permettre l’émergence de jeunes élus à la tête des assemblées. Dans le fond, cette démarche est de nature à moraliser la vie politique et l’assainir des pratiques de corruption et de la bureaucratie érigées en règles de gestion par l’ancien régime. A priori, il y a nécessité de réviser la loi sur le régime électoral avant d’aller vers des élections qui se veulent plus honnêtes et transparentes. Surtout que le texte adopté en 2016 est décrié par la jeune classe politique, le jugeant plus avantageux pour les « grosses cylindrées » qui, du reste, sont tombées en disgrâce.
D’ailleurs, réagissant, hier, au message du président de la République sur la question des élections anticipées, Soufiane Djilali, chef de Jil Jadid, a affirmé que le corps électoral pourrait être convoqué avant la fin de l’année en cours. Il y a fort à croire, à considérer surtout l’instruction du chef de l’État et les délais fixés pour l’élaboration de la nouvelle loi électorale. Dans sa sortie publique, le chef de Jil Jadid a insisté sur l’impérative nécessité de procéder, par exemple, à l’abrogation de la disposition de la présente loi exigeant des listes électorales d’avoir 4% de l’électorat dans les assemblées locales pour aspirer à un mandat au Parlement national.  Il qualifie la loi en vigueur de politique du deux poids deux mesures !
Farid Guellil