Tebboune

LE PRÉSIDENT SONNE LE GLAS DES TENANTS DE L’ARGENT SALE : Fini la « chkara » 

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé sa détermination à barrer la route devant la bande et les tenants de l’argent sale qui veulent revenir dans la scène politique nationale à travers les élections locales prévues le 27 novembre prochain.

Dans son discours cérémonial d’ouverture de l’année judiciaire 2021-2022 tenue hier au siège de la Cour suprême, le Président Tebboune a déclaré qu’il s’agit d’un « début » qui « permettra au citoyen de vivre dans une Algérie nouvelle prospère, forte et fidèle aux principes de novembre », rappelant son engagement devant « Dieu et le peuple » à réaliser ses revendications (populaires ; ndlr) « légitimes » en apportant un changement global et réel, insistant par ailleurs, à l’importance qu’il donne au pouvoir judiciaire et sa volonté de lui redonner une place privilégiée qu’il mérite ».
Abordant les prochaines élections locales, Tebboune a réaffirmé son engagement d’ « empêcher les tenants de l’argent sale d’affecter le processus électoral », tout comme d’ailleurs les législatives du 12 juin passé. Après avoir annoncé la révision du système électoral, en veillant à remettre la vie politique sur des bases « éthiques », en l’éloignant des manœuvres malhonnêtes des corrompus, le chef de l’État a rappelé ses engagements qui s’inscrivent dans la foulée de la lutte contre la corruption. Il affirme notamment qu’il œuvre toujours à « laisser la place aux jeunes et leur apporter un soutien afin qu’ils puissent participer à la prise de décision ».
Par ailleurs, Tebboune a indiqué qu’après les élections locales, « nous continuerons notre chemin en renouvelant les membres du Conseil de la nation et en installant la Cour constitutionnelle ainsi que le reste des institutions constitutionnelles après les avoir adaptées à la nouvelle Constitution ». À rappeler que lors de l’examen des candidatures par les délégués de wilayas de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), plusieurs dossiers de partis politiques à l’instar du MSP, RND, P/FLN, FFS, El Binaa et El Moustakbal, ont été rejetés après des soupçons d’argent sale, appartenance à un parti interdit ou à l’existence de dépassements liés au parcours professionnel ou à la vie publique du prétendant. Du coup le discours du Président s’apparente comme un appui aux décisions prises par l’ANIE de Mohamed Cherfi, fermant ainsi toute parenthèse à ce propos.

Une réforme globale de la justice
Quant au secteur de la justice, il fait face à de nombreux enjeux et défis dont les contours ont été esquissés par l’amendement constitutionnel de 2020 initié par le Président Tebboune, lesquels visent à renforcer et approfondir l’indépendance du pouvoir judiciaire et à jeter des bases plus solides pour son fonctionnement. Le secteur de la Justice s’attèle à présent à l’adaptation des textes réglementaires à la Constitution, en procédant à la révision des lois organiques sur les statuts des magistrats et du CSM, ou encore la révision du code de déontologie du magistrat et de l’inspection judiciaire, parallèlement à la création de pôles spécialisés dans les affaires économiques et financières et la lutte contre la cybercriminalité. Le ministère s’emploie à engager une réforme globale et moderniser le département de la Justice à travers la généralisation de la numérisation et la révision des méthodes de travail, afin d’imprimer davantage de transparence sur la gestion des infrastructures judiciaires et instaurer une justice moderne conforme aux normes de qualité et efficace à même de préserver les droits et libertés et assurer l’intégrité des biens et des individus. Il convient de souligner que la cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire s’est déroulée en présence du président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, du président de APN, Brahim Boughali, du Premier ministre Aïmène Benabderrahmane, du président du Conseil constitutionnel, Kamel Feniche, du chef d’Etat-major de l’ANP, le général de Corps d’Armée, Saïd Chengriha, du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, ainsi que des membres du gouvernement, des conseillers du président de la République, et des hauts responsables et cadres du secteur de la justice.
Sarah Oubraham