Le patron de l’UGTA met fin aux rumeurs et confirme qu’il est atteint d’un cancer : «Je suis malade et je veux partir ! »

Le SG de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, a admis hier, qu’il est atteint d’une maladie grave, un cancer, confirmant ainsi des rumeurs qui ont circulé depuis plus d’un an sur son état de santé. Le leader de la Centrale syndicale a fait état aussi de son «départ imminent» à la retraite, suggérant au staff dirigeant de son organisation de commencer à penser à une «nouvelle équipe», mais il n’a pas avancé une date exacte de son départ comme il n’a pas précisé le type de son cancer. «Je suis en âge de retraite. Je suis malade et je veux partir. Vraiment, je suis malade, je ne le cache pas et ce n’est pas honteux. Il vaut mieux que je l’annonce moi-même ; j’ai un cancer. Malgré cela, je suis ici comme syndicaliste», a déclaré Sidi Saïd. Il a ajouté : «pour ceux qui spéculent concernant mon départ, je vous informe que j’ai demandé une évaluation de ma carrière professionnelle, c’est de mon droit». La mise au point de Sidi Saïd intervient lors d’une réunion, hier matin, des instances de l’UGTA à l’Institut de travail à El-Achour (Alger). L’UGTA, seul syndicat participant officiellement aux réunions de la Tripartite avec le Gouvernement et le Patronat, fait récemment face à des attaques et accusations de corruption et d’abus d’influence au sein de ses instances et représentations. Mêmes griefs réitérés la semaine dernière à Annaba, où des travailleurs du complexe sidérurgique d’El-Hadjar ont observé une action de protestation devant le siège de l’UGTA dans la wilaya pour dénoncer des pratiques malsaines de leur représentant syndical en place, Nordine Amouri, accusé de continuer à occuper son poste « illégitimement» profitant de l’appui de «certains hommes politiques» de la région. Sur la défensive, Sidi Saïd signifie que «l’UGTA luttait et militait démocratiquement» appelant ainsi ses adhérents à suivre dans la même voie, loin de tout «favoritisme» dans l’accès aux postes à son organisation. «Il n’y a pas de place pour “mon ami”, “mon fils” ou “mon frère” ! Je ne saurais permettre à aucun responsable syndicaliste de placer un proche dans un poste de responsabilité (à l’UGTA). Je vais personnellement exclure toute personne arrivée avec cette manière», a prévenu Sidi Saïd. Sur le mouvement de protestation à Ouargla, le leader de l’UGTA a mis en garde contre le recours à la violence par les syndicalistes, référence aux dernières actions de protestations des syndicats autonomes, en soutenant que «les portes du dialogue sont toujours ouvertes aux travailleurs» et que ses militants sont «toujours prêts à intervenir pour solutionner les problèmes rencontrés». Il fait savoir aussi que «la culture d’insulte et de dénigrement» n’existe pas dans le dictionnaire de l’UGTA, ajoutant qu’il ne va pas répondre aux «fausses informations visant l’UGTA et ses cadres». À l’instar des organisations des enfants de chouhada et de moudjahidine, l’UGTA, qui revendique près de trois millions d’adhérents, selon Sidi Saïd, va soutenir un nouveau mandat pour le président de la République, Abdelaziz Bouteflika.
Hamid Mecheri