Le ministère de l’agriculture veut procéder à sa restructuration : Une situation incertaine à la SCHPM du Caroubier

Les inquiétudes nées au lendemain du sit-in de protestation devant le siège du ministère de l’Agriculture par le personnel de la société des courses hippiques et des paris mutuels (SCHPM) du Caroubier pour dénoncer «l’attitude provocatrice» de leur direction générale risquent de grandir dans les prochains jours. Le département de Bouazghi aurait décidé d’un plan de restructuration de la SCHPM – qui est jusque-là sous sa tutelle-, mais sans consulter le partenaire social comme l’exige la loi, nous a indiqué hier Djamel Oudafal, SG du syndicat de la société. Selon ce dernier, la filiale des courses hippiques devrait passer sous tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports, alors que l’activité PMU (paris mutuels urbains) dépendrait du Lotto sportif algérien. Ce scénario fait dire au syndicat, affilié à l’UGTA, des velléités de «dissoudre et de casser» la société pour faciliter «son bradage». Craintes d’un avenir incertain, peur pour les emplois et des angoisses face aux éventuelles conséquences. Les salariés s’interrogent.
Comment la société,qui emploie plus de 300 personnes, pourrait bien survivre en la séparant du secteur des courses, considéré comme le socle financier pour toute la filière équine. Cela concerne les métiers de soigneur, groom, éleveur, entraîneur, moniteur d’équitation et autres gestionnaires. À toutes ces appréhensions, s’ajoutent d’autres griefs.
Les employés s’opposent aux «agissements» et «mépris» du directeur général – intérimaire – qui refuse de doter la société d’organes règlementaires et de faire fonctionner la société dans la légalité. Lundi dernier, le personnel de la société a organisé un sit-in de protestation devant le siège du ministère de l’Agriculture où ils ont été reçus par le SG du ministère et le directeur des services vétérinaires. Ce dernier s’avérait alors être le président du conseil d’administration de leur société, comme l’avait affirmé le SG du syndicat de la société. Après leurs avoir listé leurs revendications, les interlocuteurs ministériels ont demandé aux protestataires de formuler un «écrit» sur demande du ministre Bouazghi. Le syndicat compte refaire son action de protestation devant le ministère si aucune réponse ne leur est pas communiquée pendant cette semaine. «Ils ne nous ont pas consulté en tant que partenaire social, alors que la loi prévoit déjà que le partenaire social doit être associé dans les décisions concernant l’avenir de la société, que se soit dissolution ou restructuration. Nous avons même un engagement écrit de la part du SG du ministère.
Mais ils continuent toujours à nous ignorer et faire ce qu’ils veulent», indique Oudafal.Autres problèmes : le directeur de la société qui refuse toujours de fournir son bilan aux représentants syndicaux. «Suite à notre sit-in de lundi dernier devant le siège du ministère, le DG a accepté de nous fournir le bilan de la société. Mais, lors de la réunion, il nous a dit qu’il va nous donner seulement des chiffres. Quels chiffres ? Donnez-nous le bilan ! On est le partenaire social et on veut que se soit d’une manière officielle. Mais il en est rien en fin de compte. L’inventaire n’y était pas pris. Ils n’ont même pas achevé le rapport d’inventaire 2007-2017. Alors comment ils nous disent qu’ils ont fini l’élaboration du bilan ?», s’interroge notre interlocuteur.
Hamid Mecheri