Le Bureau de l’APN suspend ses travaux : Le départ immédiat de Bouhadja exigé

Le Bureau de l’Assemblée nationale populaire a suspendu, hier, ses travaux jusqu’à nouvel ordre. Ce délai est conditionné par le départ immédiat de Saïd Bouhadja, président de l’APN, après le blocage constaté au niveau des structures dirigeantes de la Chambre basse. Dans un communiqué rédigé hier, les membres du Bureau de l’APN ont affirmé qu’après la réunion de dimanche dernier, les députés des partis FLN, RND, Taj, ainsi que les Indépendants et le MPA, ont décidé du retrait de confiance à Bouhadja, se basant sur le retrait de confiance de son propre parti. Consacrant le blocage total de l’Assemblée nationale, le Bureau de l’APN affirme que toutes les activités seront désormais suspendues et tous les travaux programmés renvoyés sine die. Isolé, Bouhadja n’a d’autre solution que de se démettre de ses fonctions. Car il n’y a pas d’autres solutions, malgré les critiques à propos de la forme qu’a prise ce pronunciamiento.
I. M. A.

Enregistrement « fuité » d’une discussion entre Mahdjoub Bedda et Saïd Bouhadja
« Je démissionnerai, mais… mazal… »
Une vidéo vraisemblablement fuitée après une discussion entre le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Mahdjoub Bedda, et le président de l’Assemblée nationale, Saïd Bouhadja, tourne en boucle sur les réseaux sociaux.

Dans cet enregistrement de très courte durée, on entend clairement la voix de Bedda, puis celle de Bouhadja dire : « je démissionnerai, mais mazal », c’est-à-dire « pas encore », exigeant de voir plus clair, malgré le blocus dont il a été la cible par une grande majorité des députés, qui demandent expressément son départ. Mais ce petit mot « mazal » risque de peser lourd. Car les choses en sont arrivées à un blocage institutionnel. Désormais, il faudrait débloquer la situation au plus vite, sinon le président de la République pourrait déclarer la dissolution de l’Assemblée nationale. Le blocage dont on parlait est désormais effectif depuis quelques jours. L’Assemblée nationale ne peut pas se réunir de nouveau, ni reprendre son travail après la demande formulée par cinq groupes parlementaires qui exigent la démission du président de l’APN.
Les parlementaires signataires de cette motion sont du parti du Front de Libération nationale (FLN), du Rassemblement national démocratique (RND), du Mouvement populaire algérien (MPA), de Tajamoue Amel El Djazair (TAJ) ainsi que des indépendants. Ils ont signé une motion de retrait de confiance du président de l’APN, Saïd Bouhadja. De ce fait, le quorum est largement atteint, bien que la Constitution demeure vague sur ce sujet. Cette motion est signée par 351 députés sur les 462 que compte l’APN, et a « pour objectif d’éviter le blocage du travail de l’Assemblée », disent les signataires. Ce que les députés signataires lui reprochent ? Des choses aussi nombreuses et aussi indéfinies que « dépassements et violations » enregistrées au sein de l’institution législative, « marginalisation éhontée, report intentionnel de l’adoption du règlement intérieur de l’APN, marginalisation des membres de la Commission des affaires juridiques, mauvaise gestion des affaires de l’APN, frais exagérés déboursés illicitement, recrutement douteux… ». Selon la constitutionaliste Fatiha Bennabou, la Constitution est muette sur ce type de blocage, ayant seulement évoqué que la loi organique fixant l’organisation et le fonctionnement de l’APN et du Conseil de la nation ainsi que les relations fonctionnelles entre les chambres du Parlement et le gouvernement, et le règlement intérieur de l’Assemblée, prévoit quatre cas de vacance de la présidence de l’APN: démission, incapacité, incompatibilité ou décès.
I.M. Amine