L’arnaqueur vous attend devant le DAB !

Les faux-mendiants, qu’il y a lieu ici de distinguer des vrais démunis en quête d’une bouchée de pain, et que l’on retrouve à tous coins de rue n’ont pas de limites désormais. La scène s’est déroulée jeudi dernier, à Rue Didouche Mourad d’Alger, devant un distributeur de billets de banque ! Un vingtenaire, le corps chétif, le visage exsangue, les yeux mi-clos…Bref, vous avez en face un jeune, d’apparence affamé, qu’il s’est adossé au mur d’à côté pour pouvoir se tenir debout. Mais, il ne semble point perdre son éloquence. Comme tout mendiant qui se respecte, le jeune désœuvré avait la langue assez dénouée pour convaincre les usagers du DAB qu’il n’a aucun sou dans la poche. Du coup, vous êtes pris en flagrant délit, l’argent dans la main. C’est-à-dire, vous n’avez aucune échappatoire. Face à la résistance des gens, le quidam joue tantôt la victime et tantôt le méchant. Ainsi, figurez-vous, il proclamait avoir été libéré de prison, dans la matinée même. Et, il le fait savoir sans gêne à toutes les personnes devant la machine à sous. «Ya khou (mon frère), je viens tout juste de quitter la prison d’El-Harrach. Aide-moi et donne-moi de quoi pouvoir me déplacer jusqu’à chez moi pour enfin voir ma maman. Elle me manque terriblement !» Un subterfuge qui ne tient par la route et l’arnaqueur est vite identifié comme tel. Car, il faut vraiment pousser le zèle aussi loin pour oser harceler et intimider les usages de la sorte. Comme quoi, peut importe le moyen, quoi dire et la manière de le faire croire, pourvu que l’on arrive à ses fins.
F. G.