Banque d'Algérie

L’approche adoptée par l’Algérie sur la gestion du taux de change permet l’ajustement de la balance des paiements : Les explications de la Banque d’Algérie

À s’en remettre aux explications fournies via l’APS par des responsables de la Banque d’Algérie, l’ajustement du cours du dinar a jusque-là obéi à des fluctuations sur les marchés financiers internationaux des changes, des monnaies de référence, l’euro et le dollar, en l’occurrence.

Abordant la politique de change du pays, ces mêmes responsables font remarquer que le régime de change adopté par la Banque d’Algérie, au début des années 90, est celui de «flottement dirigé», lequel régime se situe entre les deux régimes extrêmes : le régime de «parité fixe» et celui du «taux de change flottant». Ce régime de flottement dirigé et toujours selon les explications fournies par les mêmes responsables s’écarte de la fixation purement administrative du taux de change sans, toutefois, abandonner complètement la détermination du taux de change aux seules forces des marchés internationaux.
Cette approche, que l’on qualifie de prudente et pragmatique permet à la Banque d’Algérie d’ajuster le taux de change en fonction des déterminants structurels et macroéconomiques, internes et externes, tout en tenant compte des évolutions des taux de change des principales monnaies sur les marchés internationaux. En somme , la politique de change de la Banque d’Algérie adopte comme variable, le maintien du Taux de change effectif réel (TCER) à un niveau proche de son niveau d’équilibre.
Pour rappel, Le TCER représente le taux de change effectif nominal, rapporté aux prix relatifs de l’économie nationale et des principaux pays partenaires, qui permet de favoriser, simultanément une croissance non inflationniste (équilibre interne) et un compte courant de la balance des paiements soutenable à long terme (équilibre externe). La détermination du TCER s’opère sur les bases de l’économie nationale, identifiés comme étant le différentiel de productivité et le différentiel d’inflation entre l’économie nationale et les pays partenaires, le degré d’ouverture de l’économie, le prix de pétrole et les dépenses publiques.
Ainsi, pour veiller à ce que l’évolution du taux de change effectif nominal (et donc des taux nominaux bilatéraux), sous l’effet des fluctuations des monnaies des pays partenaires sur les marchés internationaux de change, n’induise pas d’écarts significatifs entre le niveau mesuré du TCER et son niveau d’équilibre de moyen terme, la Banque d’Algérie intervient au cours de l’année sur le marché interbancaire des changes.
Il importe de préciser que le régime du change flottant permet une limitation spontanée de la spéculation. Ce régime ne permet plus aux marchés financiers, et à la spéculation, de parier sur l’effondrement d’un régime de change, comme l’avait fait avec succès George Soros en 1992 avec la livre Sterling d’Angleterre.
Aussi, les changes flottants donnent toute latitude au gouvernement de mener les politiques monétaires et d’expansion économique qui lui conviennent.
Mais le plus important demeure que ce régime adopté par l’Algérie comme politique de change, permet l’ajustement automatique de la balance des paiements, chaque déficit sur la balance courante se soldant par une entrée nette de capitaux.
Zacharie S Loutari