La sous-traitance dans l’industrie automobile : Le succès ou l’échec en dépend

«Notre objectif n’est pas le montage des véhicules, même s’il constitue un jalon nécessaire d’apprentissage, mais la participation active au processus de fabrication avec une intégration progressive est une condition sine-qua-non du succès de l’implantation et du développement pérenne de l’industrie automobile», a estimé, hier à Alger, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, lors des journées techniques sur la sous-traitance véhicule (JTSV).

Une déclaration qui déborde de sens et renseigne sur l’objetctif final de l’État à travers la mise en place de l’industrie automobile. Sinon, qu’est ce que le pays aura-t-il à gagner, ou encore son économie, à rester, dans le long terme, sur une cadence qui présente une opération de démontage-montage automobile ? C’est pour contourner justement, et dès à présent, la voie de l’échec que le gouvernement attire l’attention des industriels du domaine sur l’importance de se lancer graduellement dans la fabrication locale d’accessoires pour alimenter leurs usines automobiles. D’où, cette rencontre qui fait office d’assises autour de la sous-traitance automobile, à travers laquelle, il est attendu, des participants, d’examiner les voies et moyens permettant d’assoir une véritable industrie de véhicules, «solide et compétitive», et au même temps gagner du temps pour atteindre les objectifs premiers. « Nous ne partons pas de rien. Cela fait une cinquantaine d’années que la SNVI produit des véhicules industriels bien appréciés d’ailleurs par les utilisateurs et avec un taux d’intégration supérieur à 80 % », a estimé le ministre qui dira qu’: « il est vrai que la technologie n’est pas des plus récentes, mais l’expérience et le savoir-faire sont là, avec une main d’œuvre qualifiée et motivée. » Le ministre de l’Industrie a estimé que l’objectif de l’évènement consiste à encourager et à faciliter un dialogue responsable entre toutes les parties prenantes, opérateurs économiques industriels, sous-traitants, et investisseurs d’une manière générale. « Pour nos industriels des différentes filières, ils s’attacheront à présenter leurs activités et leurs potentialités à satisfaire les besoins spécifiques de l’industrie automobile ainsi que leur aptitude à s’adapter à son évolution permanente. Ils auront ainsi à s’informer des investissements à réaliser, des technologies à acquérir, des compétences à développer pour être au rendez-vous. De nouveaux partenariats pourraient être établis à cet effet », précise-t-il. Pour les constructeurs, ils feront part des caractéristiques d’une industrie très exigeante, que ce soit au niveau de la qualité et des coûts des composants qui seront fabriqués localement, et qui devront obéir à des normes sévères que ce soit au niveau de la nécessité pour les fournisseurs de respecter des rythmes de production et de livraison bien définis. Le processus de fabrication des millions de composants, dans des conditions de compétition difficiles, exige, souligne Youcef Yousfi, en effet une organisation sans faille, un processus de production en évolution permanente et une rigueur exemplaire dans le respect des engagements. Les constructeurs n’oublient pas en effet qu’ils devront atteindre des taux d’intégration fixés et être aptes à exporter une part croissante de leur production dans des marchés très concurrentiel.

Plus de 1700 PME présentes sur le marché international
Pour les très nombreux sous-traitants, dont une liste préliminaire sera remise à toutes les parties prenantes, ils devront faire étalage de leurs capacités, de leur expérience et de leur savoir-faire pour intéresser les industriels de toutes les filières, pour établir des partenariats fructueux avec les équipementiers traditionnels des constructeurs automobiles et les grands groupes internationaux spécialisés dans la fabrication des différents composants. Ils prendront connaissance de manière directe des exigences particulières des donneurs d’ordre, des procédures d’homologation des produits demandés et des efforts qu’ils devront consentir pour participer activement au processus d’intégration. Il est à souligner que les exportations du secteur industriel commencent à prendre forme. Près de 1700 PME et une cinquantaine de grandes entreprises sont déjà présentes sur le marché international; la part de l’industrie dans les exportations hors hydrocarbures évolue positivement, passant de 50 % en 2014 à 66 % en 2015 et à plus de 70 % en 2016, de la diversification de l’économie. Le ministre a rappelé qu’entre 2010 et 2016, le nombre annuel de créations de PME a été multiplié par un facteur de 2,5, passant de 43 000 à 109000. De même, le nombre de projets industriels a été multiplié par 7, passant de 350 en 2010 à 2500 en 2017 alors que le montant des investissements a été multiplié par 11 durant la même période. Selon l’intervenant, ces investissements concernent toutes les filières, mais particulièrement celles pouvant intéresser l’industrie automobile.
Mohamed Wali