BOUALEM AMOURA, S.G du SATEF

La confédération des syndicats algériens remobilise ses troupes : Marche nationale à Alger le 1er mai prochain

Après la grève générale du 10 avril dernier ayant touché plusieurs secteurs ainsi qu’une grande marche organisée le même jour dans la capitale, en guise de soutien au mouvement populaire entamé le 22 février dernier, la confédération des syndicats autonomes algériens (CSA), a décidé d’organiser une autre marche nationale à Alger le 1 er mai prochain, à l’occasion de la fête internationale des travailleurs. C’est ce qu’a fait savoir le secrétaire général du syndicat national autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, qui a souligné que cette marche sera accompagnée par d’autres actions dont la nature sera décidée ultérieurement. «Le bureau de la confédération se réunira avant le 1er mai, et fixera des actions d’accompagnements »a-t-il précisé dans ce sens. Contacté hier, Boualem Amoura a expliqué que la décision d’organiser une autre marche nationale a été prise, samedi, à l’issue d’une réunion organisée à Alger par les représentants des différents sydnicats qui composent la confédération. Selon lui ; « la date du premier mai, en Algérie, ne représente pas la fête des travailleurs mais plutôt leur jour de deuil». Ça sera l’occasion, a-t-il poursuivi, de dénoncer les entraves et les répressions au libre exercice syndical, les licenciements abusifs, et revendiquer des salaires dignes. «Il y a encore des gens qui touchent 18 000 Da, voire moins que ça. C’est juste inadmissible », dira-t-il encore. C’est pour également réitérer, ajoute notre interlocuteur, le soutien de la CSA au mouvement populaire pacifique et ses revendications pour l’édification d’un état de droit, exprimer son rejet du système actuel et de ses figures, insister sur la nécessité d’accélérer la mise en place de la phase de transition dirigée par des personnalités consensuelles acceptées par le peuple, exprimer son refus de participer aux consultations auxquelles a appelé Abdelkader Bensalah, considérant la démarche de manœuvre pour casser le mouvement populaire, exprimer son refus quant à l’organisation d’élections présidentielles le 4 juillet 2019 dans une conjoncture pareille, et enfin dénoncer les abus et la répression des manifestants lors de différentes manifestations par certains services de sécurité. S’agissant des consultations initiées par le Chef de l’état par intérim, Abdelkader Bensalah, devant être entamées aujourd’hui, Amoura précise que les syndicats autonomes n’ont pas été invités. « Même si on nous invite, nous allons automatiquement rejeter cette mascarade. Nous avons refusé de nous réunir avec Noureddine Bedoui et son gouvernement, ce n’est pas aujourd’hui qu’on va accepter de nous mettre autour d’une table avec Bensalah », a-t-il déclaré.
Ania Nait Chalal