Haoues Riache

HaouÈs Riache du MAE sur le retour des terroristes étrangers des zones de conflit : «Alger mesure pleinement la menace sur la sécurité et la stabilité du pays»

Le représentant du ministère des Affaires étrangères, Haouès Riache a indiqué que parmi les régions «les plus visées» par le retour «des terroristes étrangers» des zones de conflit (la Syrie et l’ Irak) sont, cite-t-il «la région du Sahel, la Corne d’Afrique et le Bassin du Lac Tchad», lors des travaux de la 11e réunion annuelle des points focaux du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) qui se sont achevés hier, à Alger.

Affirmant que notre pays mesure pleinement la gravité de la menace de ces terroristes de retour des zones de conflits sur la sécurité et la stabilité du pays pour avoir connu, a-t-il souligné, «dans les années quatre-vingt-dix le phénomène du retour de ce que l’on appelait, à l’époque – les Afghans-», il indique qu’«idéologiquement bien formés, militairement aguerris et souvent maitrisant parfaitement l’usage d’Internet et des réseaux sociaux» , ces terroristes criminels «sont invités par leurs chefs à poursuivre leurs actions destructives sous forme de guérilla là où ils se trouvent» a affirmé M. Riache. Sur le nombre d’Africains qui ont rejoint les groupes terroristes dans les zones de conflits, en Syrie et en Irak, et qu’après leur défaite dans ces pays, empruntent les chemins du retour vers leurs pays d’origine ou vers d’autres zones de conflits et crises, le responsable a indiqué que les informations disponibles montrent qu’ «ils se comptent malheureusement par milliers.» Une menace pour les pays africains précités, mais aussi pour l’Algérie, qui assure « mesurer pleinement la gravité » de la menace de ces terroristes de retour, en plus des autres menaces et risques de situation de violence et du chaos en Libye et du retour des terroristes tunisiens, partis en grand nombre en Syrie, dès l’éclatement et durant la crise qui a secoué ce pays. En Tunisie, «90% des terroristes revenus des zones de conflit sont incarcérés» et la tranche d’âge de ces derniers est comprise entre 25 et 29 ans, selon une étude menée, mai dernier, par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES),qui indique que 90% des trois-quarts des terroristes de retour des foyers de tension et écroués ont un niveau d’enseignement moyen. Aussi, et concernant les zones de conflits, selon les dernières statistiques, il y aurait 2 929 terroristes tunisiens et il y a quelques années, l’ONU avait établi le nombre de 5 500 Tunisiens ayant rejoint les rangs d’organisations terroristes. Dans son dernier rapport, le Global Terrorism Index, établi par l’Institute of Economics and Peace, sur la situation mondiale en matière de terrorisme, les pays ayant connu les pires attaques terroristes en, sont la Somalie, l’Égypte, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Afghanistan, le Nigéria, le Pakistan, le Niger, le Yémen, la République Démocratique du Congo, le Soudan, pour ne citer qu’eux. Dans son rapport l’été dernier, l’ONU a fait état «de la présence en Libye de 3 000 à 4 000 terroristes» et que «1 473 terroristes marocains» étaient dans les rangs de daech et que leur retour constitue un véritable danger et une menace.

Forte connexion avérée entre le terrorisme et le crime organisé
Par ailleurs, relevant l’existence d’une «forte connexion» entre le terrorisme et le crime organisé transnational, M. Haouès Riache affirme que «cette connexion est avérée et documentée dans de nombreuses régions de notre continent avec de solides ramifications internationales.» Il citera les drogues, en particulier la cocaïne, l’héroïne et le hachich, la migration illégale, le trafic d’armes et de psychotropes, le trafic d’êtres humains, les vols de bétails, le trafic de biens culturels, la piraterie, la contrebande en tous genres, avant d’indiquer que «la liste est malheureusement longue» et que ce sont-là, a-t-il poursuivi «autant de créneaux autour desquels se forment et se concrétisent la coopération et la collaboration entre les groupes mafieux et les groupes terroristes», a-t-il regretté. à cette occasion, le responsable a tenu à rappeler le contexte est international dans lequel intervient la 11e réunion annuelle des Points focaux du CAERT, lequel contexte est caractérisé «par la persistance et l’aggravation de la menace terroriste par le «redéploiement de la présence terroriste» avec le retour des terroristes étrangers, suite aux défaites que les réseaux du terrorisme ont subi en Syrie et Irak, dont l’Afrique précise-t-il «commence à ressentir et en subir les effets, principalement à travers le retour progressif de ces terroristes» souligne le responsable. C’est pour l’ensemble de ces raisons et d’autres, que les travaux de la réunion annuelle des points focaux de la CAERT se sont inscrits «dans une dynamique continentale et internationale en faveur de la mise en place d’espaces», dira-t-il, mais surtout, poursuit Haoues Riache, «d’instruments bilatéraux régionaux et internationaux en matière de coopération judiciaire de sécurité, de partage d’informations et d’expériences et de bonnes pratiques» a déclaré le responsable algérien au ministère des affaires étrangères.
Karima Bennour