Grève des médecins résidents et étudiants des écoles normales : Quel impact sur l’année universitaire

Face au spectre de l’année blanche qui plane sur les Écoles normales supérieures, ainsi que les sciences médicales, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s’est montré menaçant à l’égard des grévistes ayant entamé un débrayage illimité depuis plusieurs mois.

En réponse aux questions de la presse, en marge de la conférence nationale sur les universités, Tahar Hadjar a d’emblée abordé le dossier de la grève au niveau des Écoles normales supérieures. D’un ton ferme et voulant se montrer en position de force, il dira qu’il n’y « aura pas d’année blanche dans ces écoles étant donné que la grève n’est que partiellement suivie». «Les étudiants qui ne rejoindront pas les bancs de l’université d’ici la fin de l’année universitaire en cours seront recalés», a lancé le ministre d’un air menaçant, tout en tenant à rappeler que «les étudiants ayant cumulé deux ans d’échec ne peuvent bénéficier d’un recrutement au sein des établissements scolaires dépendant du ministère de l’Éducation nationale». En ce sens, il a soutenu que « lois de la République seront respectées». Précisant que le concept de la grève illimitée n’existe pas dans la loi algérienne, le premier responsable de l’Enseignement supérieur a indiqué que « la Justice a rendu son verdict, en déclarant ce débrayage illégal. Les décisions de la justice doivent être respectées » a-t-il martelé. Concernant le second conflit qui a viré depuis plusieurs semaines au pourrissement, essentiellement en raison du boycott du DEMS (diplôme d’études médicales spécialisées), le ministre s’est également montré intransigeant en précisant que les plannings de cet examen seront maintenus. Prévu pour aujourd’hui jusqu’au 12 avril prochain le boycott de cet examen a été décidé par les médecins résidents lors des Assemblées tenues par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA). Mais cela n’a pas empêché le MESRS à refuser tout report de l’examen. En ce sens, le ministre a noté que « la réunion tenue la semaine dernière entre ses services et les représentants des résidents avait été organisée à la demande du Camra qui exigeait le report de la date de l’examen. Mais cette demande a été refusée ». Pour lui, «l’examen aura lieu demain (aujourd’hui, Ndlr) comme prévu. Ceux qui viendront le passer seront les bienvenus tandis que ceux qui ne viendront pas devront assumer leurs responsabilités». Cette déclaration ne vient pas arranger les choses, étant donné que c’est la deuxième fois que les médecins résidents ont décidé de boycotter le DEMS après la session de janvier dernier. Conscients que ce boycott aura des conséquences sur leur cursus universitaire, les résidents ont même approuvé une éventuelle année blanche, ce qui parait désormais «inévitable». Cela aura des répercussions sur tout le système sanitaire. En effet, dans la mesure où l’année blanche est déclarée, les structures hospitalières ne recevront pas de nouveaux médecins spécialistes cette année et avec le départ des spécialistes qui finiront leur service civil, le déficit en médecins spécialistes sera important. Il est à rappeler que les étudiants des ENS, en grève depuis novembre 2017, revendiquent l’engagement du ministère de l’Éducation nationale, à procéder à leur recrutement directement après la fin de leur formation, au niveau de leur lieu de résidence.
Les médecins résidents, en grève depuis le 24 décembre dernier, réclament quant à eux l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, l’amélioration des conditions de prise en charge des patients, notamment dans les zones reculées du pays, sans oublier l’égalité dans le traitement des procédures de dispense et de grâce entre médecins et autres citoyens algériens en ce qui concerne le service militaire.
Lamia Boufassa