Il retrace l’ensemble des réalisations de Bouteflika depuis 1999 : Le rapport d’Ould Abbès pour bientôt

Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, n’a pas tari d’éloges sur président de la République qu’il a qualifié d’«homme des miracles», jouant ainsi la carte de fidélité et de loyauté pour faire taire ses adversaires au parti.

Ould Abbès, qui fait face à une situation peu confortable après des mois de spéculations sur son éventuel départ de la tête du FLN, redouble d’efforts afin de renverser la situation en sa faveur à la veille d’un rendez-vous organique important qu’est la réunion du Comité central. Une parade qu’il semble avoir trouvé dans une légitimité qu’il tire du président de la République, en se réclamant du cercle «restreint de Bouteflika», voire «son porte-parole» pour fédérer autour de lui. Ainsi, dans une conférence de presse tenue en marge d’une réunion des mouhafedhs, à l’hôtel Mouflon d’Or (Ben Aknoun), le chef du FLN estime que les décisions prises récemment par le Président Bouteflika ont joué un rôle important dans la résolution des conflits qui ont marqué récemment le front social. «Le président Bouteflika n’intervient qu’en cas d’impasse. Depuis deux mois, il a pu constater que la situation commence à virer vers le pire dans l’Éducation. Alors il a donné des instructions», a indiqué Ould Abbès, soulignant que le Président « surveille de prêt » la situation politique, sociale et économique du pays. Plus loin dans le passé, et évoquant le rapport sur le bilan des réalisations du chef de l’État depuis son intronisation en 1999, le SG du FLN a évoqué les évènements du «Printemps arabe» de 2011 à travers lesquels on a voulu entrainer l’Algérie dans le chaos pour rappeler le rôle qu’a joué le chef de l’État pour désamorcer «la bombe». « Il a pu résoudre la situation en trois jours. Et, aujourd’hui, on en entend presque rien», se réjouit Ould Abbès pour louer le rôle du président Bouteflika. «Nous, au FLN, parti du Président, nous donnons échos au sens et aux décisions du président. Et grâce au président Bouteflika, enseignants et élèves ont pu regagner leurs écoles», dit-il dans une réponse déguisée aux controverses suscitées par le sénateur Abdelouahab Benzaïm. Ce dernier, qui est également membre du Comité central était entré en clash, ces dernières semaines, avec le SG du FLN en invitant la ministre de l’Éducation Benghabrit à démissionner de son poste. Et pour cause, le cadre du FLN, estime que la ministre «a échoué» dans sa tentative de contenir la grève des enseignants du CNAPESTE. De quoi irriter l’état-major du FLN dont la position a été en droite ligne avec le gouvernement et donc ses membres. En conséquence, Ould Abbès, a décidé de le déférer devant la commission de discipline du parti. Le tour au moment où l’affaire de Baha Eddine T’liba n’a pas encore débouché en compagnie de six autres cadres de haut rang auxquels il est reproché de mener une campagne en faveur d’un cinquième mandat pour le Président Bouteflika qui n’a pas l’aval de la direction du FLN et qui «sort du contexte». Dès lors, des rumeurs circulent et font état d’une purge menée par Ould Abbès dans les rangs du parti afin d’éliminer toute voie discordante. Cela est nécessaire pour Ould Abbès qui compte se maintenir à la tête du parti surtout à l’approche de la session du CC. Cependant, ces rendez-vous importants en interne et en externe donnent comme l’impression d’ores et déjà du maintien en poste de Ould Abbès.
À rappeler que dans ses instructions aux militants du parti, il a interdit formellement à quiconque de parler du cinquième mandat ou de critiquer les ministres du gouvernement. Car, «ceux qui osent critiquer les ministres, critiquent le Président qui les a désignés», a-t-il argué. Pour Ould Abbès, les ministres ont reçu une feuille de route de la part du président lui-même et personne ne parle en son nom, comme il l’a affirmé récemment. « C’est ça le président de la République. L’Homme des miracles. Il ne bouge pas beaucoup et ne parle pas beaucoup. Il donne seulement des instructions. Mais quand il constate que ses instructions ne sont pas appliquées, il intervient », a tranché Ould Abbès au cours de la conférence d’hier.
Hamid Mecheri