Grève dans les écoles : Les parents d’élèves appellent à la sagesse

Le président de l’Association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, a appelé, hier, les syndicats autonomes du secteur de l’éducation, ayant appelé à l’organisation d’une grève aujourd’hui, à la sagesse. Khaled Ahmed, qui regrette la prise en otage des élèves, recommande aux syndicats de recourir à d’autres voies pour la prise en charge des revendications des travailleurs.

S’exprimant hier, à ce sujet, le représentant des parents d’élèves a estimé que les enseignants devraient d’abord prendre en considération l’intérêt des élèves avant d’aller vers une quelconque action de contestation. Selon Khaled Ahmed, les syndicats peuvent très bien éviter de paralyser les écoles et de prendre en otage les apprenants, en recourant à titre d’exemple à la justice pour arracher leurs droits. «Pourquoi ne pas entamer des poursuites judiciaires contre le ministère s’ils pensent réellement que leurs droits ont été bafoués», a-t-il déclaré dans ce sens. Tout en prenant clairement position, le même intervenant a souligné que les portes du dialogue n’ont jamais été fermées avec le partenaire social, et que depuis l’arrivée de Nouria Benghebrit à la tête de ce département, 65 rencontres de concertation ont été organisés. Pour lui, les contestataires n’ont donc pas raison d’organiser des grèves, puisque le dialogue a toujours été présent. Pour ce qui est des revendications des enseignants, le président de l’association des parents d’élèves a souligné que la plupart d’entre-elles ne sont pas du ressort du ministère comme c’est le cas pour la protection du pouvoir d’achat des travailleurs. Évoquant le dossier des œuvres sociales, il a indiqué que son association a fourni des propositions au ministère pouvant mettre fin au bras de fer sur cette question avec les syndicats de manière définitive. Khaled Ahmed pense en effet détenir la solution de ce problème qui pourra convaincre le gouvernement, le ministère de l’éducation, les syndicats et les enseignants. Il a invité, dans ce contexte, tout ces acteurs à se réunir autour d’une table et d’entendre ses propositions.

Benghebrit ne jure que par le dialogue
De son côté, la ministre du secteur, Nouria Benghebrit, tente de jouer les cartes de l’apaisement à la veille même de la tenue de la grève. S’exprimant, hier, en marge d’une visite de travail et d’inspection à la wilaya d’Oran, la ministre a en effet rappelé que les portes du ministère n’ont jamais et ne seront jamais fermées devant les syndicats. Tout en soulignant que les négociations sont toujours en cour avec l’intersyndicale qui est l’initiatrice d’une série de mouvement de contestation, Benghebrit reconnaît le droit de grève autorisé par la loi.
Pour rappel, le Collectif des syndicats autonomes du personnel de l’éducation nationale organise aujourd’hui une grève générale qui sera suivie demain de rassemblements au niveau des Directions de l’éducation du pays. Ce collectif compte, faut-il le rappeler également, de six syndicats, à savoir : l’UNPEF, le SATEF, le CLA, le SNAPEST, le SNTE, et le Cnapeste qui a décidé de ne pas prendre part à la grève. La plateforme des revendications porte essentiellement sur des aspects socioprofessionnels et pédagogiques ainsi que le respect des libertés syndicales. Les rencontres (partenaires sociaux, syndicats) ont débuté mercredi 9 janvier avec des représentants de l’UNPEF, suivie d’une rencontre avec la Fédération des associations des parents d’élèves et l’Association nationale des parents d’élèves ainsi que l’Union nationale du personnel de l’éducation (UNPE) affiliée à l’UGTA.
Ania Nait Chalal