Gaz

GAZ ALGÉRIEN : Quand Madrid cherche à contourner les clauses de l’accord

L’ Espagne cherche-t-elle un moyen détourné pour alimenter le Maroc en gaz algérien après avoir reçu vertement les mises en garde de l’Algérie quant au non-respect du contrat d’approvisionnement ? La question mérite d’être posée, car à défaut de prendre le risque de violer le contrat, l’Espagne s’oriente sur un projet pour le moins douteux. En effet, selon la revue périodique spécialisée en énergie, « Elperiodico de laenergia », le gouvernement espagnol a sollicité l’entreprise « Enagás » à l’effet de concevoir un « système de garanties d’origine du gaz » pour pouvoir en « exporter vers le Maroc sans déranger l’Algérie ». Comprendre, le gouvernement espagnol ne voudrait pas susciter la colère de l’Algérie l’amenant à décider d’une rupture du contrat de gaz, tout en gardant « en tact » ses relations apaisées avec le Maroc retrouvées à la faveur de la trahison de Pedro Sanchez à la question du Sahara occidental. Autrement, Madrid, si jamais elle décide d’exporter du gaz via l’activation du GME (nord-sud) il devrait être d’origine autre que l’Algérie, à en croire les termes de ce projet. Selon la même source, le responsable en charge d’élaborer ce nouveau système travaille depuis plusieurs jours sur la nouvelle procédure, et dont le gouvernement espagnol « espère que les Algériens seront satisfaits ». Plus précisément, c’est le ministère de la transition écologique et du défi démographique, par le biais de son titulaire, Teresa Ribera- le même qui avait pris contact avec les autorités algériennes leur annonçant son intention d’exploiter le fameux gazoduc bondonné par l’Algérie- qui a ordonné ce projet à « Enagás ». Cette entreprise est chargée en tant qu’opérateur et gestionnaire du « système gazier espagnol », de « créer un système de garanties d’origine pour le gaz qui arrive en Espagne », lit-on dans un article paru jeudi dernier. D’après la même source, Enagás a confirmé « travailler déjà sur la nouvelle procédure afin de garantir que le GNL acheté par le Maroc puisse être injecté dans le réseau gazier espagnol puis exporté vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe ».
Farid Guellil