Face au combat qui s’effrite : Des AG des médecins résidents décident de geler la grève

Alors que les médecins résidents ont tenté, durant les derniers jours de regrouper leurs rangs, il semblerait que ces derniers sont arrivés à bout et décidés de baisser les bras. En effet, en attendant la décision finale du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), qui s’est réuni dans l’après-midi d’hier, plusieurs assemblées générales, tenues par les résidents, ont voté pour un gel de la grève. Un gel conditionné, encore une fois, par la reprise des négociations avec la tutelle. Cependant, la décision ne fait pas encore l’unanimité parmi les résidents. Ainsi, les Assemblées générales tenues au niveau des facultés de médecine de Constantine, Alger, Oran et Annaba ont voté pour le gel de la grève, contrairement aux wilayas de Tizi Ouzou et Blida qui ont refusé la proposition.
Epuisés depuis plus de huit mois de grève illimitée, et près de deux mois de boycott des gardes, les résidents ont fini par lâcher prise, même si les membres du Camra affirment que ce gel est conditionné par la reprise du dialogue avec la tutelle. «C’est une décision qui a été prise à contre cœur» a affirmé le Dr Nabil Fercha, responsable de communication du Camra au niveau de Constantine qui précise que la «base a voté pour le gel de la grève en vue de reprendre les négociations avec la tutelle». «Les médecins résidents ont décidé de ce gel comme stratégie pour voir ce que la tutelle va formuler comme propositions », a-t-il déclaré en refusant d’évoquer un essoufflement du mouvement. « Le mouvement se porte bien, avec des taux qui varient d’une wilaya à une autre. Au niveau d’Alger par exemple le taux d’adhésion est de 73%, alors qu’il est de l’ordre de 98% au niveau de Constantine», soutient-il en précisant qu’il n’y pas «des signes inquiétants d’essoufflement ». Néanmoins, il reconnaitra qu’après « huit mois de grève, il est tout à fait normal qu’il y’ait des défections, en raison des intimidations de la tutelle». «Ce ne sont pas des défections qui ont des conséquences», a-t-il ajouté. Pour le Dr Nabil Fercha, ce gel n’est «qu’un signe de bonne volonté de la part des résidents qui continuent à croire au dialogue pour une sortie de crise». Tout en rappelant que la proposition de reprendre les gardes pour relancer les négociations a été rejetée par le ministère de la Santé, notre interlocuteur a précisé que «cette énième proposition démontre la bonne volonté des futurs praticiens spécialistes». Toutefois, le membre du Camra affirme que «dans la mesure où la tutelle campera sur ses positions, en gardant la même attitude que celle adoptée lors de la proposition de la reprise des gardes, les médecins résidents ne vont pas rester les bras croisés. «Cela va être perçu comme étant une ultime humiliation par les résidents, ce qui poussera la base à réagir», a-t-il dit, en précisant que le gel de la grève ne se répercutera guère sur la mobilisation. En ce sens, il a certifié que «la mobilisation est toujours là, même après huit mois de protestation». «Nous ne sommes pas inquiets, nous pouvons à tout moment relancer la protestation», soutient-il.
Pour ce qui est du boycott de la session de rattrapage du DEMS, prévue du 1er au 19 juillet prochain, le Dr Nabil Fercha a indiqué que la question reste d’actualité, même si un bon nombre de Demsistes se sont d’ores et déjà inscrits à l’examen. «Il faut comprendre que la majorité des candidats sont inscrits, mais une inscription ne signifie pas que ces derniers ne sont pas en mesure de reboycotter l’examen», a-t-il précisé en se montrant persuadé qu’un«éventuel échec du dialogue ou un refus de négocier peut mener vers un troisième boycott ». À l’heure où nous mettons cet article sous presse, les treize membres du bureau national du Camra, se sont réunis dans l’après-midi pour prendre une décision finale. Nous y reviendrons sur la question et la décision finale qui sera prise au regard des résultats du vote de la base, conformément à la stratégie du Collectif.
Lamia Boufassa