Échec scolaire, l’indispensable remise à niveau

Par Mâalem Abdelyakine

Est-il juste de présenter les recalés aux examens, comme étant une masse d’élèves au niveau très faible et broyés par l’échec ? Même si faible soit-il, le taux de réussite pose néanmoins un problème sérieux à ceux qui, aujourd’hui, se préoccupent de valoriser l’enseignement, l’échec scolaire dans notre système éducatif est devenu insupportable, car le phénomène d’insatisfaction à l’égard de l’École est patent. Et cela entraîne diverses conséquences, la première est une «démoralisation» relative qui commence vers la fin du CEM, et frappe les lycées et même les universités. La deuxième est une grande inquiétude des parents pour ne pas dire toute la société, et enfin la troisième qui est plus grave encore avec une insuffisance de qualification (pas de diplôme). Cette masse d’exclus va grossir les rangs de ce qu’on appelle désormais: «hitistes». Reste que l’École algérienne est montrée du doigt, car l’appareil scolaire a donné une réponse insuffisante aux besoins de la collectivité. Le système éducatif a surtout assumé le quantitatif (plus de 10 millions d’élèves inscrits actuellement), puisque l’École a répondu beaucoup plus à une commande politique (enseignement de masse),malheureusement, le système scolaire n’a pas trouvé en lui-même assez de force de réaction, pour exiger les conditions pour la recherche ou le maintien de la qualité . Toutefois, la définition du concept d’échec n’est pas toujours claire dans les esprits : le terme évoque tantôt celui de l’enfant, tantôt celui de l’institution ou encore la dégradation de l’image de l’enseignant d’une façon générale. Elle varie donc d’une région à une autre, d’une école à une autre, car elle traduit l’exigence de tout un chacun envers l’École. De quel échec s’agit-il donc, lorsque des milliers d’élèves s’estiment chaque année victimes d’un sentiment d’exclusion, d’une insuffisance de niveau scolaire. C’est cette déperdition scolaire et cet échec qui limitent, pour une grande partie, les perspectives d’insertion professionnelle pour les jeunes, et il faut l’admettre sont devenus une plaie béante au cœur de la société algérienne. La situation est complexe, à ces jeunes, que l’École a rejetés, qu’elle alternative leur offre-t-on ? Faut-il donc admettre que l’échec est multiforme, et doit être examiné au regard des situations propres à chaque école ou lycée, en milieu rural ou urbain et qu’il faut dépasser les difficultés et les limites d’une analyses globale sur les causes de cet échec. De ce fait, l’on aura rien fait pour ces jeunes tant qu’on aura pas réduit les causes de l’échec scolaire, et y remédier avec une véritable remise à niveau, sans oublier en premier lieu un recrutement et une formation adéquate du personnel enseignant, qui, il faut le souligner, manque trop souvent de cohérence et de constance, ce qui a engendré de fortes disparités qualitatives. L’École c’est le creuset du savoir, il faut la préserver, car il n’y a pas de problème plus important, pour une société, que celui de savoir comment elle prépare son avenir en formant ses enfants. Là, est la véritable question, et tout doit commencer par là.
M. A.

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