Marche à Alger

DE L’ANNULATION DU 5E MANDAT À LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA : Le mouvement populaire pacifique rythme la cadence des évènements

Après les vendredis du 22 février,1er mars et, de surcroît, celui du 8 mars, qui a connu une mobilisation populaire record, à travers l’ensemble des régions du pays, contre le 5ème mandat et exigeant un changement pacifique du système politique en place, il y a eu renoncement à un 5ème mandat comme à sa prorogation, «4+ » selon l’expression de plus de 20 millions de manifestants à travers le pays, la feuille de route du chef de l’État, pour la tenue de la conférence nationale inclusive n’a pas trouvé preneur, le sixième vendredi, a été l’accélérateur des nouvelles donnes survenus, depuis.

À l’annonce, mardi dernier, de l’application de l’article 102,  par le vice-ministre de la Défense, chef de l’état-major, le général major, Gaïd Salah et des articles 7 et 8, au lendemain du sixième vendredi de la mobilisation citoyenne à travers le pays, appelant au respect de la volonté politique et de la légitimité populaire, la démission du chef de l’État, annoncée hier, n’est que le couronnement du processus enclenché depuis le 22 février dernier, et dont le timing de son annonce a été précipité par la portée et la teneur du communiqué du ministère de la Défense, rendu public samedi dernier. Une démission qui intervient, faut-il le rappeler, quelques heures, après la formation des membres de l’équipe du premier ministre Nourredine Bedoui, par la présidence, annoncée dans la soirée de dimanche dernier, le maintien à sa tête de l’ex-ministre de l’Intérieur, est l’expression de l’autisme dont fait preuve «les forces extra-constitutionnelles», selon l’expression de l’ex-porte-parole du RND, Seddik Chihab, et des années, avant lui, l’ex-chef du gouvernement, le président de Talaïe El-Houriyet, Ali Benflis. En insistant, durant les six derniers vendredis, à brandir des pancartes, à travers le pays, sur lesquelless étaient écrits : «trouhou ga3, ya3ni ga3, (partez tous : ndlr)» et scandé par plus de 22 millions d’Algériennes et Algériens, le mouvement populaire rejette toute perspective de voir des figures, du monde politique et économique, dans son champ de vision et son regard qu’il porte sur l’Algérie de demain, par le changement du système politique en place auquel il aspire et pour lequel il réaffirme, depuis vendredi dernier, sa détermination à demeurer mobiliser pour le mener pacifiquement. La démission du chef de l’État, annoncée hier, outre qu’elle constitue une victoire pour le peuple, qui, en rompant son silence, le 22 février dernier, a changé le cap du cours politique dans le pays et les donnes sur la scène politique, imposant ainsi un autre rythme à la vie politique, dans le pays, autre que celui escompté, par l’annonce du 5e mandat. Les formations politiques de l’Alliance présidentielle, Parti/FLN, RND, TAJ, MPA, ANR, sauront encore, cette fois-ci, tenir un discours en contradiction, en laps de temps très court, de celui tenu à la coupole, à l’instar de celui dans lequel, chacun a manifesté, à tour de rôle, leur soutien au mouvement populaire, qui par ses revendications politiques, imposent, dans l’avenir, la refondation des partis politiques, voire de l’ensemble de la classe politique, comme l’ont souligné des acteurs politiques, dont Tahar Benbibèche, président de Fajr El-Djadid, lors d’ un débat sur une Chaîne de TV privé nationale. La démission du chef de l’État est une victoire, inscrite sur le programme politique qu’a tracé le mouvement populaire pacifique qui, en l’espace de moins de trois semaines de sa vie, a réussi, outre à imposer le cours de la vie politique dans notre pays, mais éblouir, par le haut niveau du sens de responsabilité et la maturité politique, notamment chez la jeunesse algérienne, qu’elles soient sur les bancs universitaires, dans les milieux professionnels ou le monde du travail et des rangs des chômeurs ainsi que celle qui a renoncé à voir que le possible d’une vie meilleure est , qu’en Algérie. La décision de la démission du président Bouteflika, par l’application de l’article 102, a été rendue possible par l’accélération du cours des évènements, notamment après le sixième vendredi, qui a montré, encore une fois, la force et son maintien pour un changement pacifique du système politique en place, pour se débarrasser d’une gestion des affaires de la Cité, basée sur le clientélisme, l’abus de pouvoir, le détournement des deniers publics, les violations des règles et des lois.. par l’édification d’un État de droit.
Karima Bennour