Médecins

Dans l’espoir de relancer le dialogue avec la tutelle : Les résidents gèlent leur grève à partir d’aujourd’hui

Les médecins résidents se sont pliés à genoux devant le mutisme de la tutelle. Après de longues semaines de doute, le bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), qui s’est réuni, avant-hier, a décidé de geler sa grève entamée il y a huit mois.

Les résidents justifient la décision de surseoir au mouvement de protestation par la volonté de reprendre du dialogue, à l’arrêt depuis plus de deux mois avec les ministères de tutelle (Santé et Enseignement supérieur). « Afin de permettre le rétablissement du dialogue avec nos deux ministères de tutelle, après concertation et vote majoritaire, nous venons une fois de plus témoigner de notre bonne foi en appelant l’ensemble des médecins résidents au gel de la grève à partir de dimanche 24 juin 2018 », écrit le Camra dans un communiqué de presse rendu public à l’issue de la réunion des 13 membres du Bureau national du Collectif. La dite réunion a été consacrée, rappelons-le, à l’examen des décisions prises lors des dernières assemblées générales organisées à travers les facultés du pays. Les résidents des 13 facultés du pays s’étaient en effet exprimés en fin de semaine dernière en faveur de la reprise de l’activité, à l’exception de celles de Tizi-Ouzou, Blida et Batna. Néanmoins, le Camra a assuré, via son communiqué, qu’il demeure particulièrement attentif, en ce qui concerne la situation des résidents de 1ere année et celle de nos ainés DEMSistes. En effet, il précisera que l’ensemble des résidents « veillerons à ce que leur sort bénéficie d’un règlement sans préjudices ». Toutefois, sur le terrain cela reste compliqué surtout que le ministère de l’Enseignement supérieur considère les résidents grévistes de «redoublants ».
Rappelons que la question de reprise de l’activité de garde a constitué le point tournant dans ce mouvement. En effet, la décision du bureau national du Collectif de reprendre cette activité, qui a été suspendue depuis le 29 avril a divisé les résidents. Certains d’entre eux ont refusé de se plier aux exigences de la tutelle qui a conditionné le dialogue par la reprise des gardes, tandis que d’autre ont approuvé cette concession pour sortir de la crise. Face au mur, le Camra a décidé de reprendre l’activité pour se rétracter 24 heures après. Ce qui a frappé la crédibilité du Bureau national.

L’année ne sera pas déclarée blanche
Alors que les médecins résidents ont boycotté, tout au long de ces huit mois, toutes les activités pédagogiques, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique refuse catégoriquement de déclarer l’année blanche. En effet, les comités pédagogiques ont d’ores et déjà commencé les réunions en vue de trouver des solutions au préjudice causé par cette grève. Il est clair que les résidents grévistes, conformément à la réglementation ne pourront pas bénéficier de la validation de l’année universitaire, étant donné qu’ils ont boycotté les activités pédagogiques. C’est pour cette raison que le ministère préfère considérer les résidents comme étant doublant. Ce qui aura des conséquences sur les résidents de la première année doublant, qui, selon la réglementation, seront considérés comme «exclus du résidanat », étant donné qu’ils ne peuvent valider cette année.
Pour ce qui est des candidats au DEMS, ils devront s’inscrire au préalable pour pouvoir passer leur examen qui est un examen de rattrapage exceptionnel, qui aura lieu du 1er au 19 juillet prochain. Les candidats au DEMS qui ne se représenteront pas à leur examen seront considérés comme ayant abandonné leurs études et seront exclus, avait menacé le département de Tahar Hadjar auparavant.
Reste à savoir, si les deux ministères de tutelles vont inviter les futurs praticiens spécialistes au dialogue dans les jours à suivre. C’est peu probable que ce soit le cas, surtout que la tutelle a fait la sourde oreille, par le passé aux concessions du Camra.
Lamia Boufassa