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CONTRAINTS À L’ARRÊT D’ACTIVITÉ : Les taxieurs d’Alger cherchent des débouchés

La Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger propose à la direction des transports et au ministère des Moudjahidine d’imposer plus de réglementation dans les licences d’exploitation de taxi remises aux ayants droit (moudjahidine, veuves et fils de chahids et handicapés) et loués à des tiers. Une médiation de l’État entre les moudjahidine, propriétaires de licences d’exploitation de taxi, et les chauffeurs de taxi, locataires de ces licences, aujourd’hui très affecté par la crise de coronavirus. C’est ce que propose la Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger. Cette organisation syndicale, affiliée à l’UGTA, propose que l’État soutienne les chauffeurs de taxi par des facilitations ou des crédits bancaires, pour qu’ils ne perdent pas ces licences. « Beaucoup de chauffeurs de taxi sont en fin de délais de leurs contrats avec les moudjahidine pour exploiter leurs licences. En parallèle, se trouvant en période de confinement et sans autorisation à reprendre le travail, ils n’ont pas les moyens financiers pour continuer à payer le renouvellement de leurs contrats », nous a indiqué, hier, Sid-Ali Aït Hocine, membre du bureau de la Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger. À défaut de non payement, ajoute ce représentant syndical, « les moudjahidine menacent de retirer ces licences d’exploitation, alors que les autorités publiques ne font rien pour faire bouger les choses ». Aucune réglementation n’impose une tarification spéciale pour louer ces licences distribuées par le ministère des Moudjahidine. Ces licences sont louées par les moudjahidine à des tiers, à savoir les chauffeurs de taxi, à des « prix non raisonnables », a pointé Sid-Ali Aït Hocine. « Dans les formulaires, la location est à 1 000 DA/mois. Mais les moudjahidine n’en font qu’à leur tête ; à Alger, ces licences sont louées entre 4 000 et 6 000 DA/mois. Alors que dans les wilayas de l’ouest elles atteignent jusqu’à 12 000 DA par mois. En plus, les taxieurs sont obligés de payer une année d’avance », a-t-il détaillé. « Une grande impasse », estime la Coordination des taxis, qui appelle la direction des transports et le ministère des Moudjahidine à intervenir pour trouver une issue. « Nous souhaitons que l’État mène une médiation entre les taxieurs et les moudjahidine, car le chauffeur de taxi éprouve beaucoup de difficultés pour arriver au moudjahid en cette période de confinement et de crise sanitaire », estime cette organisation syndicale, car, ajoute-t-elle, « c’est le seul moyen pour que ces licences soient disponibles et à des prix raisonnables ». Par ailleurs, Sid-Ali Aït Hocine a souligné également le problème des VTC (plateforme de voiture avec chauffeur), qui continuent à travailler alors que les taxis traditionnels sont suspendus d’activité suite aux dernières mesures liées au confinement. Il dit que malgré des correspondances à plusieurs ministres et départements de la wilaya d’Alger, aucune explication ne leur a été donnée. Il promet que dès la fin du confinement, « une assemblée générale rassemblera, pour la première fois dans le pays, tous les représentants des chauffeurs de taxi au niveau national, avec les responsables concernés de tous les ministères et institutions du pays, y compris l’APN ». Sur les appels relayés sur des réseaux sociaux incitant les chauffeurs de taxi à briser le confinement sanitaire décrété dans le cadre de la lutte contre la pandémie Covid-19, pour soulever leurs préoccupations, la Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger dénonce et désapprouve ces appels, ajoutant qu’elle comprend totalement la situation sanitaire dans le pays et qu’elle privilégie toujours les voies du dialogues pour résoudre les problèmes. « Nous sommes soumis au décret exécutif portant mesures de confinement. Nous ne pouvons pas enfreindre les lois de la République. Certes, il y a un certain malaise chez les chauffeurs, mais nous sommes devant une crise sanitaire globale et le transport n’est pas le seul secteur affecté », a indiqué Sid-Ali Aït Hocine. Lundi soir, le ministère des Travaux publics et des Transports a mis en garde contre des appels, relayés sur des réseaux sociaux, incitant les chauffeurs de taxis à briser le confinement sanitaire décrété dans le cadre de la lutte contre la pandémie Covid-19, pour soulever leurs préoccupations, affirmant que « le dialogue constructif  est la voie optimale pour trouver des solutions aux problèmes ». « Au moment où l’État œuvre d’arrache-pied à la lutte contre la propagation  de la pandémie du Coronavirus et à la prise en charge de ses effets négatifs sur certaines franges de la société, y compris l’ensemble des opérateurs de transport, en mobilisant tous les moyens nécessaires à  l’effet d’alléger leurs souffrances, nous assistons ces jours-ci à des  appels, sur les réseaux sociaux, incitant les chauffeurs de taxi à briser le confinement sanitaire pour exposer des pré- occupations sociales qui sont prises en charge, au fur et à mesure, au niveau de toutes les wilayas du pays », a déploré le ministère dans un communiqué. Pour le ministère, ces agissements émanant d’individus pré- tendument affiliés à des organisations professionnelles des chauffeurs de taxi « avec lesquelles nous avions l’habitude de traiter en tant que partenaires sociaux dans un cadre organisé qui respecte les lois et la réglementation  en vigueur » au service de la redynamisation et de la promotion de cette profession, « relèvent de l’irresponsabilité, dont les conséquences devront être assumées par eux». Le ministère des Travaux publics et des Transports rappelle que « la voie  optimale pour trouver des solutions aux problèmes soulevés demeure le  dialogue constructif direct entre les différentes parties prenantes », a conclu le communiqué.

Hamid Mecheri