Sahli

« Continuer à bloquer l’Assemblée est en contradiction avec les orientations du président de la République » : Mise en garde aux partis de l’allégeance 

Le président de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, a prévenu contre les éventuelles graves conséquences sur le pays et notamment l’investissement si les groupes de la majorité persistent à maintenir le blocage de l’Assemblée populaire nationale (APN) jusqu’à obtenir la démission de son président. «Le maintien de cette situation est en flagrante contradiction avec les orientations du président de la République, prises lors du dernier Conseil des ministres», a-t-il déclaré, hier lors d’un meeting populaire à Boumerdès, dans le cadre de la Coordination pour la continuité et les réformes pour soutenir le président Bouteflika. Sahli, qui est également député à l’APN et coordinateur de cette Coordination, a estimé que le blocage imposé actuellement sur la chambre basse du parlement offre aux citoyens une image négative de l’institution législative ainsi que des députés, vus comme «des égoïstes et affairistes». «Le président de la République a insisté lors du récent Conseil des ministres sur la nécessité d’être constamment à l’écoute du peuple et aussi de privilégier le dialogue dans toutes les questions nationales. Donc, si l’on va encore dans l’option de blocage, cela veut dire l’absence d’un dialogue entre, d’abord, les députés eux-mêmes, et ensuite, les députés et les citoyens», a-t-il précisé. Sahli a mis en garde également que le maintien du blocage de l’APN impactera gravement l’investissement dans le pays, car « ce que l’investisseur craint le plus est l’instabilité législative, donc si on maintient le blocage, on donne ainsi un signal défavorable sur l’environnement de l’investissement en Algérie». Le leader de l’ANR affirme néanmoins qu’il est du droit des partis de la majorité de réclamer la démission du président de l’APN, mais «en aboutissant à une issue consensuelle, qui sera favorable aux deux parties» impliquées dans le blocage. Évoquant la médiation de son parti pour trouver une issue à ce conflit, Sahli a souligné qu’elle est venue «en réponse à l’appel au dialogue lancé par le Président dans le dernier Conseil des ministres », regrettant de ne pas trouver un écho favorable, dans l’allégeance comme dans l’opposition. Sahli a critiqué ensuite « certaines parties qui pêchent dans les eaux troubles », issues de « partis qui ne portent que le nom et dont les responsables ne sont plus que des “commerçants de la politique” », qui reprochent à l’ANR de vouloir à travers sa médiation de «nuire» aux liens entre les partis de l’allégeance et les deux partis au pouvoir, FLN et RND. Quelles sont ces parties qui «prêchent dans les eaux troubles » ? Dans un entretien en marge de son discours, Sahli a affirmé au Courrier d’Algérie que des personnalités politiques – dont il a refusé de citer des noms – qui croient que «en lançant notre initiative de médiation, l’ANR a des malentendus avec le FLN et le RND alors que nos liens sont excellents», poursuivant «nous ne sommes pas motivés par des intérêts personnels sinon on aurait allé avec eux pour réclamer la démission de Bouhadja.
En tant que parti politique animé par une culture d’État, on a voulu rapprocher les points de vue des deux parties en conflit parce qu’elles sont vraiment au bout d’une impasse, et quand on est devant une impasse, il faut qu’une troisième partie intervienne pour trouver une solution». Sur la rencontre de jeudi dernier entre les groupes parlementaires, Sahli a regretté que seulement deux groupes ont répondu présent (El-Moustakbal et Alliance Adala), estimant que, contrairement à ce que pense l’opposition, elle aussi est impliquée dans ce blocage car ses élus «se voient ainsi privés de leurs droits d’exprimer les préoccupations des citoyens sur la tribune législative». Sur le fond de blocage, Sahli a considéré qu’il  «n’y a pas de lien entre le blocage du parlement et l’échéance présidentielle de 2019», estimant également que la dissolution de l’APN est « politiquement très écartée».
Hamid Mecheri