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Le CNES tacle le système numérique appliqué par le ministère de l’Enseignement supérieur : « Progresse» bousille la vie des étudiants

L’université algérienne souffre d’un malaise affreux, et ce, depuis quelques années déjà, et à tous les niveaux notamment. Son état nécessite en urgence une réforme assez profonde, pour faire disparaître les multiples cassures qui freinent son développement.
En effet, le feuilleton admission des étudiants qui viennent de décrocher leur licence mais ne trouvent pas de place en Master, se poursuit et les étudiants qui ont des moyennes qui leurs permettent d’accéder au master ne veulent pas lâcher prise, car ils sentent que leur droit a été violé à cause d’un système numérique dit “progresse” peu fiable mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur, vu que d’autres étudiants qui possédaient des moyennes inferieures ont été admis. Pour en parler sur ce sujet, et essayer de connaître le pourquoi de la cause de ce problème, nous avons contacté, hier, le coordinateur national du CNES, Abdelhafid Milat qui dira que : «C’est pour la première fois que le ministère de l’Enseignement supérieur applique cette plateforme numérique “progresse” concernant la parution des résultats et l’inscription au Master. Auparavant chaque université, appliquait le système des quotas soit, 20% pour les étudiants du classique et 80% pour ceux du LMD et toutes les opérations s’effectuaient avec une grande transparence, mais aujourd’hui avec le système «progresse» on accuse déjà près de quatre mois de retard dans la parution des résultats, et cela n’est pas raisonnable puisque d’habitude les étudiants ont les résultats du master en juillet. Ils ont mis en place cette plateforme pour qu’il y ait plus de transparence, mais je pense que ce système nous a causé d’autres problèmes, et même au niveau des transferts des étudiants. Malheureusement, le ministère n’a pas adopté une plateforme professionnelle, car si une centaine d’étudiants consulte le site en même temps, celui-ci deviendra inaccessible, les responsables auraient du mettre en place un site plus performant pour accueillir des milliers d’étudiants et non pas seulement des centaines», a-t-il affirmé. Dans ce sens, il ajoute : «Les étudiants peuvent avoir des soucis en doctorat notamment à cause des insuffisances marquées par ce système.»
En sus, concernant la procédure du recours par rapport aux résultats du master, notre interlocuteur soulignera que la démarche n’est pas encore très claire, il indique que : «Pour l’instant les étudiants ignorent quelles sont les procédures de recours. 24 heures après la parution des résultats, l’étudiant aura le droit pour postuler sa demande de recours, mais il y en a des étudiants qu’ils n’ont pas pu voir les résultats tandis que la plateforme est tout le temps saturée. Aussi, il y a des rumeurs qui disent que les étudiants devraient attendre l’affichage définitif des résultats au niveau des universités pour que l’étudiant puisse procéder au recours. La moindre des choses, le ministère aurait publié un communiqué pour dévoiler tous les détails du recours, mais en vain. Le seul perdant dans cette histoire n’est que l’étudiant.»
B.M. Wali