Briefin du comité des sanctions de l’ONU sur le Mali : Point sur les entraves à la mise en œuvre de l’Accord de Paix

Le Comité de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) concernant le Mali, a tenu hier à New York, une séance d’information sur la visite du groupe d’experts onusien à ce pays, dans le cadre du suivi de la mise en application de l’Accord de Paix et de réconciliation au Mali.

Sur le terrain, six militaires maliens ont trouvé la mort mardi, après le passage de leur véhicule sur une mine à Dioura, au centre du Mali. Il s’agit, selon un communiqué du ministère malien de la Défense, d’un véhicule de l’Echelon tactique interarmes du Groupement tactique interarmes qui à sauté sur un engin explosif improvisé à près de 7 km, à l’est de Dioura, indiquant que «le bilan est de six morts, dont le lieutenant Nouhoum Samaké. » Dans son dernier rapport sur l’état de l’avancement de l’Accord de paix sur le Mali, présenté aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, janvier dernier, le secrétaire général de l’institution onusienne, Antonio Guterres, a souligné que « la mise en place du régime de sanctions, contribuera à identifier » à t-il précisé «ceux qui cherchent à entraver le processus de paix, y compris parmi les parties signataires». Le panel d’experts, en charge d’aider le Comité des sanctions du Conseil de Sécurité, ont présenté hier, lors d’une séance de briefing avec les membres du- dit Comité, un aperçu sur les rencontres qu’il a eu, au Mali, avec les différents responsables et parties maliens. Séance qui intervient à moins que quelques jours avant la remise, début mois courant, au Conseil de sécurité, du premier rapport de ce panel, composé du canadien, Marc André Boisvert, de Ruben de Koning des Pays-Bas, Aurélien Llorca de France et Mme Holo Makwaia de Tanzanie. Préoccupée par la situation malienne, notamment sur les retards substantiels, comme souligné par Guterres, de la mise en œuvre des principales dispositions politiques de l’accord de paix, le rapport devra mettre en lumière les raisons et aussi identifier les acteurs, à l’origine de ces retards, y compris ceux parmi les signataires de l’Accord de paix.
La démarche en question de l’ONU, vise à peser de tout son poids, pour une mise en œuvre effective, loin de tout atermoiement pouvant porter préjudice au processus en cours, entre les Maliens, sur la base de l’Accord que les principaux acteurs, faut-il le noter, ont paraphé. Mettant l’accent sur l’objectif visé, par la mise en place de régime de sanctions à l’encontre de maliens, cherchant à troubler le processus de paix, le SG de l’ONU n’a pas manqué d’avertir «y compris parmi les parties signataires» de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. Le 25 janvier dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas hésité a hausser le ton, en faisant part de son «impatience face aux retards qui continuaient d’entraver la mise en œuvre intégrale des principales dispositions de l’Accord» exprimant son intention d’adopter une série de sanctions contre les responsables de «tout acte faisant obstacle à la mise en œuvre de l’Accord» y compris, ont-il précisé «en provoquant des retards persistants, ou menaçant cette mise en œuvre ». Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, septembre dernier, une résolution créant un régime général de sanctions pour le Mali, dans le but de mettre à plat les entraves au processus de paix signé par les principaux acteurs de la scène malienne. La résolution précise, dans ces articles, quelques critères permettant la désignation de ceux à l’origine des entraves de la mise en œuvre de l’Accord de paix au Mali. Il s’agit, pour ne citer que le fait de «prendre part à des hostilités en violation de l’accord », « de prendre des mesures qui empêchent, retardent excessivement ou menacent la mise en œuvre de l’accord » et sont également visés « les responsables d’attaques contre les Forces de défense et de sécurité maliennes et onusiennes » est-il indiqué.
Karima Bennour