Des témoignages d’anciens membres de l’armée et des services de renseignement de l’entité sioniste révèlent, dans un nouveau documentaire sioniste, les méthodes et technologies utilisées durant la guerre menée contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza.
Le film, intitulé « NAZA », met notamment en lumière le recours à l’intelligence artificielle, au piratage des téléphones et à la surveillance des communications pour identifier et localiser des personnes en vue de leur ciblage.
Le quotidien britannique The Guardian a révélé, à travers son compte rendu consacré au documentaire « NAZA », les témoignages de 24 sionistes ayant travaillé au sein de l’armée et des services de renseignement de l’entité sioniste. Présenté au Festival du film de Venise, le documentaire revient sur les mécanismes et les systèmes employés durant la guerre contre la bande de Ghaza. Les témoignages recueillis font état du recours à des technologies avancées, notamment des systèmes reposant sur l’intelligence artificielle, pour contribuer à l’identification des cibles dans l’enclave palestinienne. Ils évoquent également le piratage de téléphones, l’interception de communications ainsi que la géolocalisation de personnes avant leur ciblage. L’importance de ces témoignages réside notamment dans le profil de plusieurs participants, qui ont travaillé au sein de structures de renseignement israéliennes. Selon The Guardian, leurs déclarations mettent en lumière des pratiques qui n’avaient jamais été exposées de cette manière au grand public israélien.
Des « dommages collatéraux » calculés
L’un des éléments les plus marquants du documentaire concerne l’utilisation, au sein de la structure militaire israélienne, du terme « NAZA », qui désignerait le nombre de civils susceptibles d’être martyrisés lors d’une frappe donnée. Cette révélation soulève de graves interrogations sur la nature des pertes civiles enregistrées dans la bande de Ghaza. Les témoignages suggèrent en effet que, dans certaines opérations, la présence et la mort de civils n’étaient pas nécessairement des conséquences imprévues, mais pouvaient être intégrées en amont dans les estimations liées au ciblage et à la conduite des opérations militaires. Les participants évoquent également des opérations visant des personnes à l’intérieur de leurs domiciles, alors que les militaires savaient qu’elles pouvaient être accompagnées de membres de leurs familles. Le suivi et le piratage des téléphones auraient par ailleurs permis d’extraire des informations utilisées pour localiser les personnes recherchées.
Une mécanique institutionnelle, au-delà des actes individuels
Le documentaire ne présente pas ces pratiques comme de simples dépassements commis individuellement par des soldats. Il tente au contraire de mettre en évidence une structure plus large associant les services de renseignement, les technologies, les ordres militaires et les mécanismes de prise de décision. D’après les éléments rapportés par The Guardian, certains témoignages font état de la destruction de quartiers résidentiels alors que la présence de civils y était connue. D’autres pratiques sont également évoquées, notamment le ciblage de Palestiniens à proximité de sites de distribution d’aide. Ces révélations relancent ainsi les interrogations sur les méthodes employées par les forces d’occupation israéliennes dans la bande de Ghaza, particulièrement au regard de l’ampleur des destructions et du nombre de martyrs palestiniens enregistrés depuis le début de la guerre.
Des témoignages venus du cœur du renseignement
Plusieurs participants au documentaire ont travaillé dans des unités secrètes du renseignement israélien. Parmi elles figure notamment une unité qui, selon The Guardian, transmettait directement ses rapports au bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
L’un des participants affirme également que son unité avait notamment pour mission ce qu’il décrit comme « faire échouer la paix ». Une déclaration qui soulève de nouvelles questions sur le rôle joué par les appareils de renseignement dans la gestion de lq guerre sioniste contre Ghaza et dans les décisions ayant marqué les dernières années. Réalisé après plusieurs années d’enquête, « NAZA » est signé par les réalisateurs sioniste Yuval Abraham et Rachel Zor. Les deux cinéastes avaient déjà participé à la réalisation du documentaire « No Other Land », consacré à la réalité de l’occupation israélienne en Cisjordanie occupée.
Quand l’IA s’emploie dans le ciblage
L’un des principaux intérêts du documentaire réside dans sa tentative de dépasser le récit de frappes ou d’opérations isolées pour examiner le fonctionnement interne du système de ciblage de l’armée de l’occupation. Les témoignages mettent ainsi en évidence l’imbrication entre les renseignements recueillis, les technologies de surveillance, l’intelligence artificielle et la prise de décision militaire. Cette articulation pose la question de la responsabilité du système dans les pertes civiles, au-delà de celle des seuls individus ayant exécuté les opérations.
Le débat ne porte dès lors plus uniquement sur l’existence d’éventuelles erreurs commises au cours des opérations militaires, mais également sur la nature d’une architecture de ciblage susceptible d’intégrer, dans certains cas, la mort de civils dans ses calculs préalables. La diffusion de « NAZA » intervient alors que les critiques internationales contre la guerre menée par l’entité sioniste contre la bande de Ghaza se poursuivent, avec des appels croissants à enquêter sur la nature des opérations militaires, les technologies utilisées et le respect des obligations de protection des civils. Présenté au Festival du film de Venise, le documentaire aurait suscité une forte réaction du public, avec, selon The Guardian, près de 25 minutes d’applaudissements après sa projection. Un accueil qui témoigne de l’attention internationale portée aux témoignages et aux révélations consacrés aux mécanismes de la guerre menée contre Ghaza.
M. Seghilani










































