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BOURITA ASSUME DEVANT DE MISTURA LES VISÉES EXPANSIONNISTES DU ROYAUME MAROCAIN AU SAHARA OCCIDENTAL : Rabat bloque le processus de négociation

En déclarant devant De Mistura soutenir la reprise du processus politique sous l’égide de l’ONU en référence au format réductible de « tables rondes », obsolète, insensé et rejeté comme tel, à cause de tout ce qu’il constitue comme fuite en avant face au droit inaliénable des Sahraouis à l’autodétermination, Rabat s’emmêle les pinceaux. Et il se fait vite trahir par ses visées expansionnistes à travers son invraisemblable et honteux « plan d’autonomie » au Sahara occidental.

Ainsi, à l’occasion de la première rencontre entre Stafan de Mistura, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, et Nacer Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, Rabat a réitéré «son soutien à la reprise du processus politique sous l’égide des Nations unies pour régler le conflit du Sahara occidental» et ce « sur la base des fondamentaux de la position du Royaume» lit-on sur le compte tweeter du ministère des Affaires étrangères. C’est dire la politique de fuite en avant du royaume qui, face aux résolutions du Conseil de sécurité qui édictent un retour aux négociations entre le Front Polisario et le Maroc « sans conditions préalables », fait mine d’ignorer le droit inaliénable et internationalement reconnu du peuple sahraoui à l’autodétermination.
La veille du début de la tournée du responsable onusien, Stafan De Mistura, son prédécesseur à ce poste, le diplomate américain, Christopher Ross a affirmé que « de 2007 à 2019, mon prédécesseur, mon successeur et moi-même avons parrainé 15 sessions entre les deux parties en conflit (Front Polisario/Maroc) et que malheureusement, rien de ce qu’on pourrait appeler des négociations n’a eu lieu au cours de ces réunions » . Poursuivant, Ross révèle que la raison principale de l’échec des négociations est que «le royaume vient avec une condition préalable majeure, celle de ne discuter que de sa propre proposition » alors que «le Front Polisario vient à chaque session prêt à discuter des deux propositions, la sienne (portant application du Droit international et celle du Maroc ( portant sur l’autonomie) » a indiqué Ross, lors d’un webinaire organisé récemment par l’ONG américaine Defense Forum Foundation sous le thème : « Sahara occidental : la tragédie des droits humains en cours en Afrique du Nord ». Pour le nouvel envoyé onusien au Sahara occidental, sa mission s’annonce davantage plus complexe et difficile, que celle de ses prédécesseurs entre 1991 et 2019, qui ont travailler sur le dossier alors que la cessez-le-feu, de l’ONU était en vigueur, depuis 1991, en prévision de la tenue du référendum d’autodétermination au Sahara occidental. L’émissaire onusien Stafan De Mistura vient d’entamer sa tournée, en se rendant au Maroc, avec une nouvelle donne majeur survenue au Sahara occidental, celle de la reprise, novembre 2020, du conflit entre l’armée de libération sahraouie (APLS) et l’armée d’occupation marocaine, à l’arrêt depuis 1991, suite à la violation par Rabat, des Accords du cessez-le-feu, qu’il a conclus sous l’égide de l’ONU, avec le Front Polisario. Si ses prédécesseurs à ce poste, ont eu des difficultés, comme l’a souligné Christopher Ross, à faire avancer le processus de négociations sous les auspices de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc , pour venir à bout de la décolonisation du Sahara occidental, selon les principes et les textes de la Charte onusienne, la réussite de la mission de Stafan De Mistura est tributaire du rôle que devra jouer le Conseil de sécurité dans non seulement l’application de ses résolutions en matière de question de décolonisation mais de son soutien politique au nouvel envoyé personnel du SG de l’Onu pour le Sahara occidental. Le membre du Secrétariat national du Front Polisario chargé de l’Europe et de l’Union européenne (UE) , Oubbi Bouchraya El-Bachir a affirmé que «la réussite de la visite de Stafan de Mistura dépend d’une seule et unique chose » , à savoir, poursuit-il « l’adoption d’une approche pacifique pour le règlement du conflit en tant que base de sa médiation, une approche fondamentale basée sur la légalité internationale pour encadrer le conflit au Sahara occidental » a précisé le responsable sahraoui. De son côté, le diplomate américain, Christopher Ross qui, lors de sa mission, s’est rendu aussi dans les territoires sahraouis sous occupation marocaine, après des semaines de blocages par Rabat de son déplacement a appelé son pays, les États-Unis, dans son intervention précitée à travailler pour donner à Stafan de Mistura, un mandat «plus large», semblable à celui avec lequel James Baker a travaillé de 1997 à 2004. Indiquant que « si le processus de négociations actuel reste dans l’impasse, les États-Unis devraient travailler avec les autres membres du Conseil de sécurité pour donner au nouvel envoyé un mandat plus large, semblable à celui avec lequel James Baker a travaillé de 1997 à 2004 et au cours de ces années, la recherche d’un règlement était entre les mains de l’envoyé personnel». Si, pour le Front Polisario « la principale solution existante est le plan de paix ONU-OUA et les accords de Houston conclus entre les parties, lesquels requièrent seulement leur application » dira Oubbi Bouchraya El-Bachir, il a estimé que « le problème qui se pose dans l’application du plan de règlement ONU-OUA au Sahara occidental n’est nullement lié à l’émissaire onusien, mais plutôt à l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer les accords signés entre les parties, (le Front Polisario et le Maroc) en 1991 et 1997 à Houston », précise le diplomate sahraoui. De son côté, Rabat se dit, dans ses déclarations sur la portée de la rencontre réunissant l’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, De Mistura et le chef de la diplomatie marocaine Bourita, « soutenir » les efforts du responsable onusien et de l’ONU non sans avancer la condition que tout processus de politique et de négociations doit se faire « sur les fondamentaux de sa position » rappelé par le Roi Mohamed VI, dans ses derniers discours, à savoir : « l’octroi de l’autonomie » alors que la légalité internationale consacre le droit à l’autodétermination du peuple Sahraoui.
Karima Bennour