moines de tibhirine

ASSASSINÉS PAR LE TERRORISME ENTRE 94 ET 96 : 19 catholiques béatifiés hier à Notre-Dame de Santa Cruz d’Oran

La béatification des 19 religieux de confession catholique, assassinés par le terrorisme durant la décennie noire, entre 1994 et 1996, a été organisée hier à la basilique Notre-Dame de Santa Cruz d’Oran. Représentant le Pape François, le cardinal Angelo Becciu, Préfet de la congrégation des causes des saints, institution de l’Église catholique siégeant au Vatican, sera de cette cérémonie. Pour rappel, cet évènement intervient après l’approbation, par le président de la République, d’une demande de béatification émanant de l’église catholique algérienne. Également présents en la circonstance, des membres des familles, ainsi que des amis des 19 victimes du terrorisme qui a frappé l’Algérie durant la décennie 90. Côté officiel, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa, ainsi que plusieurs représentants de corps diplomatiques accrédités en Algérie ont été de la partie. La veille de cette cérémonie, soit vendredi, Mohamed Aïssa, accompagné du représentant du Pape François, a procédé à l’inauguration de la basilique catholique de Santa Cruz, après la restauration de ses locaux. L’esplanade de ce sanctuaire religieux a été baptisée «Place du vivre ensemble en paix», suivant la charte pour la Paix et la Réconciliation algérienne, explique le ministre des Affaires religieuses. Cette cérémonie a été diffusée en direct par la chaîne catholique française KTO, qui a recueilli le message et le témoignage d’Henri Teissier, Archevêque émérite d’Alger. «Ce que je trouvais chez eux (les 19 religieux assassinés), c’est ce que je trouvais dans toute la communauté (catholique). Si vous voulez que l’on parle des sept moines de Tibhirine qui faisaient la route Alger-Médéa régulièrement, il vivaient la même disponibilité et vivaient même davantage les dangers qui étaient éparpillés à ce moment là (décennie terroriste en Algérie)…», a indiqué Henri Teissier non sans parler d’un «sacrifice» consenti par ceux qui ont préféré rester en Algérie aux côtés de la population algérienne que de fuir le pays.
Farid Guellil