Algériens désireux de créer des startups : Vers l’octroi de crédits bancaires sans intérêts

Il y a un an, la wilaya d’Alger, en collaboration avec l’accélérateur algérien des startups, SYLABS, ont organisé la première édition de «Algiers Start-up Conférence», dont l’objectif était de booster les porteurs de projets de la Capitale. Autrement, offrir des mesures incitatives aux initiateurs et faciliter la création de startups, les aider à se développer, pour avoir un impact réel dans l’économie. Ce qui passe inévitablement par la génération d’une plus- valu et la création d’emplois.
C’est cette vision qui a poussé plusieurs représentants de l’État, présents, à la deuxième édition de cette année, à généraliser le lancement de telles initiatives sur l’ensemble du territoire national. En effet, en se félicitant de «l’expérience réussie de la wilaya d’Alger en matière de développement des startups», le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, présent à cette rencontre, tenue samedi à Alger. Le ministre du gouvernement n’a pas manqué d’affirmer le soutien du gouvernement aux futurs porteurs de projets, au niveau national, à travers des mesures incitatives visant à faciliter la création de startups, par les jeunes. Un soutien qui passe, concrètement, par l’allégement des contraintes bancaires, la réduction de la valeur de l’apport initial au projet, l’augmentation du montant des crédits sans intérêts et l’affectation d’une partie de la demande publique aux micro-entreprises. «L’encouragement des startups contribuant à diversifier l’économie nationale figurait dans la stratégie décidée par son Excellence le président de la République, Abdelaziz Bouteflika», dira Bedoui comme gage de garantie à la volonté des hautes autorités du pays à cette initiative. Preuve en est que le ministre a annoncé «l’ouverture de la voie au niveau des 48 wilayas, devant les jeunes inventeurs aptes à créer des startups en vue de généraliser l’expérience de la wilaya d’Alger au niveau national, à partir de l’année prochaine».
Pour sa part, Mourad Zemmali, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a insisté sur «la nécessité de faire de la micro entreprise le socle du réseau national des PMI et PME et de la sous-traitance, afin de renforcer l’économie nationale». Sur ce, il réaffirme, l’engagement du département qu’il dirige, à poursuivre la politique tracée par le gouvernement pour le soutien des startups algériennes, notamment, pour ce qui est de «l’octroi des crédits et le financement bancaire sans intérêts et les avantages fiscaux et parafiscaux».

Des experts de renommée mondiale présents
Comme prévus, les travaux de cette édition a vu la participation d’experts de renommée mondiale, leader dans le domaine des startups. Il s’agit de parler de l’expérience des uns et des autres, d’apporter leurs témoignages de «success-story», pour orienter les talents algériens à émerger et s’imposer dans l’environnement économique national d’abord, et puis à l’international si besoin est.
À noter, en ce sens, la participation surprise de Rebecca Enonchong, cofondatrice et décideur des deux réseaux d’entrepreneuriat appelés «Cameroun Angels Network» et «Abs Tech usa». De prime à bord, la spécialiste s’est dite «impressionnée par l’intérêt porté par le gouvernement algérien aux jeunes innovateurs et l’ensemble des parties de l’écosystème Tech». Cette responsable (classée en 2017 par le célèbre magazine Forbes parmi les 10 femmes Tech à suivre en Afrique) a tenu à affirmer qu’elle est «prête à soutenir les startups algériennes compétentes, par le moyen de tisser des relations promotionnelles et entrepreneuriales, pour les aider à émerger au niveau du marché Africain».

La success-story d’«Oued Kniss»: le bouche-à-oreille comme stratégie
Mise sous le thème: «Se donner les moyens de réussir», l’édition de cette année, a regroupé plus de 1400 acteurs de l’écosystème algériens, à l’instar d’agences et programmes de soutien à l’entrepreneuriat, des opérateurs économiques, des universitaires et des étudiants.
De plus, l’évènement a été marqué par un nombre importants de startups algériennes leaders dans le domaine, dont, figure en tête du peloton le site «Oued Kniss» fondé en 2006 à Alger par…jugez-vens bien : cinq adolescents ! Aujourd’hui, la plate- forme du site web accueille 20 millions de visiteurs par ans. Son cofondateur, Mehdi Bouzid, lors de son passage devant l’assistance, a insisté sur l’encouragement des jeunes Algériens à «poursuivre leurs rêves et d’aller vers des idées simples et efficaces». Son témoignage ?
«On était cinq jeunes qui avaient à peine 17 ans. Au départ, nous avons pensé à créer un site de petites annonces pour que nos amis et camarades de classe puissent s’échanger, vendre et acheter, des objets. Nous sommes passés à l’action en créant ce site dans des cybercafés. Nous avons décidé de le nommer ainsi en hommage à la rue qui a rythmé notre enfance», a-t-il retracé brièvement la genèse d’un site qui devient aujourd’hui leader de la vente en ligne en Algérie.
Mohamed Amrouni