Kamel El Bouchi

AFFAIRES DES CONSERVATEURS FONCIERS : 10 ans de prison requis contre Kamel El Boucher

Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a requis une peine de 10 ans de prison ferme contre l’importateur de viande et promoteur immobilier, Kamel Chikhi alias El Boucher, dans l’affaire des conservateurs fonciers. Cette peine est assortie d’une amende de un (01) million de dinars. Cinq autres accusés risquent une peine de 8 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de DA alors que quatre autres ont écopé d’une peine de 5 ans de prison ferme, deux accusés de 4 ans de prison ferme et un accusé de 6 ans de prison ferme. Le tribunal a décidé également la saisie de l’immobilier de sept accusés, alors qu’un autre accusé a été relaxé.
À noter que le principal accusé dans cette affaire, en l’occurrence, Kamel Chikhi, a été poursuivi pour « incitation à l’abus de pouvoir et octroi de pots-de-vin à des fonctionnaires des services d’urbanisme d’Alger en contrepartie d’indus services ».
L’interrogatoire des accusés, en l’occurrence des fonctionnaires ou chefs de services de l’urbanisme au niveau de plusieurs communes à Alger, a montré que ces derniers se rendaient régulièrement au siège de la société de Kamel « El Boucher » pour recevoir des sommes d’argent en contrepartie de promesses de régularisation de ses dossiers, à travers notamment l’octroi d’autorisation pour la réalisation des projets immobiliers.
D’ailleurs, lors de cette audience, des vidéos filmées au siège de la société du principal accusé, montrant que les prévenus avaient reçu des pots-de-vin en dinar algérien et en devise, ont été projetées. D’autres vidéos ont démontré que d’autres accusés avaient bénéficié de passeports spéciaux Hadj et Omra, offerts par Kamel Chikhi. L’accusé principal avait sciemment filmé les accusés y compris par son téléphone portable pour « leur faire du chantage si jamais ils venaient à le dénoncer », selon le procureur de la République, qui a rappelé que ce dernier « avaient envoyé ces vidéos aux concernés via WhatsApp ». Kamel Chikhi s’est défendu en précisant que les sommes offertes «n’étaient que des aides financières, des aumônes ou des emprunts».
Quant aux motifs des visites de ces fonctionnaires au siège de sa société, Kamel Chikhi a indiqué que « sa méconnaissance des règles de l’activité foncière l’obligeait à recourir à leurs conseils ».
Par ailleurs, il a déclaré, concernant l’affaire du trafic de cocaïne (701 kg), saisie au port d’Oran en mai 2018, qu’elle était « fabriquée de toutes pièces », ajoutant que ceux qui ont voulu l’impliquer dans cette affaire sont aujourd’hui derrière les barreaux ».
Lamia B.