Khalifa

AFFAIRE KHALIFA BANK : Deuxième jour d’audition des accusés

Ouvert dimanche après la réponse favorable de la Cour suprême au pourvoi en cassation du dernier verdict prononcé en 2015, le procès de l’affaire Khalifa Bank s’est poursuivi hier au tribunal criminel près la Cour de Blida avec l’audition des autres accusés. Ceci, après avoir écouté, la veille, en plus de l’accusé principal dans cette affaire, l’ancien P-dg du Groupe Khalifa, Abdelmoumène Khalifa, et trois (3) autres inculpés.

Au premier jour du procès, la présidente du tribunal avait interrogé Abdelmoumène Khalifa sur les détails de création et de gestion de la banque El Khalifa, notamment le mouvement et le transfert des fonds. De même qu’il a été questionné sur la gestion de la compagnie aérienne relevant de son groupe et confronté aux accusations retenues contre lui. Outre, Abdelmoumène Khalifa, onze (11) autres accusés, dont trois ont été auditionnés, dimanche et le reste hier, suite à la réponse favorable de la Cour suprême au pourvoi en cassation du dernier verdict prononcé en 2015.
L’accusé Khalifa avait nié, dans ce cadre, toutes ces charges affirmant avoir été victime « d’un complot avec la complicité de l’ancien système ».
Plusieurs accusés auditionnés dimanche sont revenus sur leurs déclarations faites auparavant, lesquelles condamnent le principal accusé dans l’affaire Khalifa, au sujet notamment du retrait de fonds sans titres réguliers.
Lors de son audition dimanche à la réouverture de son procès, Abdelmoumene Khalifa a accusé le pouvoir d’avoir orchestré la chute de son empire, avant de se demander où sont passés les 90 milliards contenus dans son compte bancaire au moment de son arrestation, estimant que cette somme est largement suffisante pour faire tourner la banque, endossant la responsabilité de son arrestation au président déchu Abdelaziz Bouteflika, et à l’ancien ministre Mohamed Djellab, tout en réclamant l’ouverture d’une enquête sur cet argent disparu.
Selon l’accusé ce dernier, alors administrateur a pris la décision de fermer  la banque sur instruction de la «îssaba», malgré les fonds laissés à la Banque d’Algérie, d’un montant de 90 milliards de dinars de dépôt  et 10 milliards de dinars de crédit.
Le tribunal criminel près la Cour de Blida avait condamné Abdelmoumène Khalifa, en 2015, à 18 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de DA et de la confiscation de l’ensemble de ses biens, pour « constitution d’une association de malfaiteurs », « vol en réunion et escroquerie » et « banqueroute frauduleuse, abus de confiance et falsification de documents bancaires ».
Abdelmoumène Khalifa a été remis à l’Algérie par les autorités britanniques en décembre 2013 « conformément aux procédures légales et aux dispositions de la convention judiciaire » entre l’Algérie et le Royaume-Uni, entrée en vigueur en 2007, et suite à l’épuisement de tous les recours introduits auprès de la justice du Royaume-Uni et de la justice européenne.

Le verdict dans le procès en appel de Tahkout devra attendre
Par ailleurs, le procès en appel de l’affaire Tahkout Mahieddine s’est poursuivi également hier au niveau de la chambre pénale de la Cour d’Alger. Dans cette affaire, le procureur de la République près la Cour d’Alger avait requis, rappelle-t-on une peine de dix-huit (18) ans de prison ferme, contre l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, une amende de huit (8) millions de dinars, ainsi que de la saisie de tous ses biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Le procureur a également requis douze (12) ans de prison ferme, et une amende d’un million de dinars contre les deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, alors que trois (3) anciens ministres Amar Ghoul, Abdelghani Zaâlane et Youcef Yousfi ont écopé chacun de dix (10) ans de prison ferme, en plus d’une amende d’un million de dinars.
Plusieurs autres cadres du ministère de l’Industrie ainsi que les frères Tahkout ont été également condamnés lors de ce procès. Pour rappel, le principal accusé, pour ne pas dire Mahieddine Tahkout, avait été condamné en première instance à une peine de 16 ans de prison ferme et une amende de 8 000 000 DA.

Le procès de feu Moussa Benhamadi reporté à nouveau
Programmé également pour hier, le procès de l’ancien ministre de la Poste et des Télécommunications, Moussa Benhamadi, décédé en prison après avoir contracté le virus corona, a été reporté pour la deuxième fois consécutive par le tribunal de Sidi M’Hamed en raison de l’absence d’anciens hauts responsables cités dans la même affaire, dont les Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et Abdelghani Zaalane, ancien directeur de campagne de l’ex-président car ils sont impliqués dans l’affaire de Mahieddine Tahkout dont le procès en appel se poursuit actuellement au niveau de la chambre pénale de la Cour d’Alger.
La date de la tenue du procès est fixée pour le 16 du mois en cours. Pour rappel ces anciens responsables sont poursuivis dans cette affaire pour « octroi d’avantages injustifiés à Benhamadi pour la réalisation de l’usine de médicaments GB Pharma dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah dans la capitale ».
Dimanche c’était le procès en appel du député Baha Eddine Tliba qui a été reporté par la Cour d’Alger pour le 22 novembre prochain. Poursuivi pour  »blanchiment d’argent, octroi d’avantage et infraction à la réglementation de change et des mouvements des capitaux de et vers l’étranger », le report du procès de l’ex-député FLN fait suite à la demande du collectif de défense de l’accusé.
Pour rappel, en septembre dernier, le tribunal de Sidi M’hamed l’avait condamné à la peine de 8 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 8 millions de DA.
Brahim Oubellil