À LA VEILLE DE LA RENCONTRE DES PARTIS DE L’ALLIANCE : Makri pose «les conditions de l’opposition»

Jeudi dernier, le leader du MSP, Abderrazak Makri, a expliqué son initiative en faveur du report des présidentielles, à laquelle avait appelé son parti, relancé ensuite par TAJ, invitant aussi à intégrer l’opposition dans les consultations sur le consensus national. Makri a décidé donc de faire la démonstration de son offre politique à la veille de la rencontre importante de demain, des quatre forces politiques de l’Alliance présidentielle (FLN, RND, TAJ et MPA). « Les mots et concepts ne doivent leur sens qu’à la lumière des débats politiques qui en tournaient. La prolongation [du mandat actuel du président de la République] comme le répétaient sans cesse les partis de l’Allégeance équivaut au maintien du statu quo, sans élections. Or, c’est une terrible erreur, car cela va à l’encontre de la Constitution en l’absence d’une légitimité consensuelle et alternative dans l’exercice politique. Cela pousserait le pays dans l’embrasement général dont personne ne voit le bout. Nous refusons et jamais nous n’accepterions un tel projet», explique le chef du parti islamiste.
Dans sa réaction de jeudi soir sur les réseaux sociaux, Makri a mis en garde contre « le projet de la prolongation » que représenterait un report des élections présidentielles de 2019 sans aboutir à une« légitimité consensuelle », invitant ainsi à faire inclure l’opposition dans les débats sur tout éventuel consensus. Prenant ses distances vis-à-vis de l’initiative d’Amar Ghoul, qui consiste à l’appel d’un « report des présidentielles et l’organisation d’une conférence nationale sous le patronage du président Bouteflika», Makri a exprimé son avis, affirmant qu’«il ne s’agit pas d’une prolongation mais d’un report qui obéit à deux principes fondamentaux». Dans les détails, Makri plaide, d’abord, pour «des réformes profondes et sérieuses sur une période d’une année, même sans le président actuel», et, deuxièmement, en faveur d’«un consensus national qui n’aura de sens qu’en incluant l’opposition». «Le plus important dans ces réformes est de réaliser l’équilibre dans le système politique, en rupture avec l’ère des mégas prérogatives octroyées au Président, en faveur d’un gouvernement voté par le parlement», a-t-il estimé. «Ceux qui conditionnent le report [des présidentielles] avec le Président de la République font erreur : si le Président quitte la Présidence pour une quelconque raison, nous risquons un retour au point zéro. Donc, c’est une option personnifiée et dépouillée de tout bon sens politique et volonté de réforme», a jugé Maki, dans une réponse à peine voilée à son homologue de TAJ Amar Ghoul. «Il n’y a aucun sens à ce que les partis de l’Alliance tambourinent pour la tenue d’une conférence sans fournir aucun effort en faveur du dialogue pour que l’opposition réelle y participe. L’idée de la tenue d’une conférence est venue de plusieurs personnalités et partis de l’opposition qui a été détournée ensuite par les partis de l’Allégeance, sur injonction comme d’habitude, pour ensuite la détourner», s’est attaqué d’une salve de critiques celui qui incarne la ligne dure du MSP, allusion à la plate-forme de Mazafran.
«Si l’on veut vraiment ouvrir l’horizon politique et convaincre les forces nationales, organisées et non organisées, structurées et non structurées, afin de faire face aux futurs défis et éviter un embrasement avec l’adhésion de tout le monde, il faut aller avec une volonté sincère vers le consensus et les réformes», a suggéré Makri, comme offre visiblement faite aux partis de l’Alliance présidentielle devant se réunir demain.
H. M.