Trois familles palestiniennes, soit une quinzaine de personnes dont au moins deux enfants, restent encerclées dans leurs maisons à Qusra, au sud de Naplouse, privées d’eau, d’électricité et de produits de première nécessité. Face à cette situation, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme appelle l’entité sioniste à agir immédiatement contre les violences des colons et avertit d’un risque de déplacement forcé. Depuis plusieurs jours, des colons assiègent les trois habitations situées dans le secteur de Ras al-Aïn, empêchant leurs occupants d’y entrer ou d’en sortir et bloquant l’accès aux aides et aux produits essentiels. Les forces d’occupation sionistes ont également empêché hier plusieurs militants israéliens et étrangers d’atteindre les familles assiégées.
Des familles privées d’eau et d’électricité
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU, les violences autour de Qusra se sont intensifiées depuis l’installation d’un avant-poste colonial à proximité de la localité en novembre 2025. Les colons auraient progressivement pris le contrôle des terres situées à l’ouest de la localité, dans la zone B. Les habitants ont depuis été confrontés à des incursions dans leurs maisons, des agressions physiques, des actes de vandalisme, des vols et des incendies, dont une attaque contre une mosquée. En juillet, des colons de l’avant-poste établi dans la zone de Ras al-Aïn ont coupé l’eau et l’électricité de 3 maisons palestiniennes. Le 9 août, ils ont fermé les accès aux habitations et installé une tente entre elles, empêchant les familles de circuler librement. La situation a ainsi laissé environ 15 Palestiniens, dont deux enfants, confinés dans leurs maisons, sans eau, sans électricité et dans l’impossibilité de satisfaire leurs besoins essentiels.
Les forces d’occupation empêchent l’accès aux familles
Les familles ont sollicité l’intervention des forces d’occupation sionistes présentes sur place, mais celle-ci n’aurait pas permis de mettre fin au siège. Selon le Haut-Commissariat, des secouristes, des militants solidaires et des journalistes auraient également été empêchés d’accéder aux habitations. Des images vidéo montreraient par ailleurs des soldats priant aux côtés de colons sur le site, un élément que l’ONU considère comme pouvant constituer un indice de collusion entre les forces de sécurité et les colons. Le 12 août, les forces d’occupation ont finalement retiré la tente installée par les colons, sans éloigner ces derniers, qui continuaient à encercler les maisons le lendemain. Le maire de Qusra, Abdel Azim Wadi, a également indiqué que les forces d’occupation avaient empêché des militants d’atteindre les trois habitations. Des militants italiens qui étaient parvenus à rejoindre les familles quelques jours auparavant auraient été contraints de quitter les lieux après des attaques de colons et le bouclage de la zone.
Ramallah dénonce une politique de déplacement forcé
Le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a dénoncé le siège imposé aux habitants de Qusra et les attaques menées par les colons sous la protection des forces d’occupation sionistes. Il estime que la colonisation est progressivement transformée en instrument destiné à imposer une nouvelle réalité démographique et que les attaques quotidiennes constituent un moyen de pression visant à pousser les Palestiniens à abandonner leurs terres. Il a appelé la communauté internationale à passer des condamnations aux mesures juridiques et politiques concrètes et à demander des comptes aux responsables. De son côté, le vice-président de l’État de Palestine, Hussein Al-Sheikh, a condamné la décision de l’entité sioniste et de son ministre de la Défense de transférer à la police les pouvoirs d’application de la loi dans les colonies établies sur le territoire palestinien occupé. Il considère cette mesure comme une tentative d’imposer la loi et la souveraineté de l’entité sioniste sur la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, et d’en consacrer l’annexion.
L’OCI appelle à une action internationale
L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a, elle aussi, tiré la sonnette d’alarme face à l’intensification des violences commises par les colons en Cisjordanie occupée. L’organisation a particulièrement dénoncé le siège et les attaques visant Qusra, qu’elle inscrit dans un contexte plus large de colonisation, d’annexion, de destruction des infrastructures et de tentatives de déplacement forcé de la population palestinienne. L’OCI appelle la communauté internationale à mobiliser les moyens diplomatiques, juridiques et économiques disponibles afin de faire cesser ces violations et à activer les mécanismes de la justice internationale pour que les responsables rendent des comptes.
Trois pêcheurs blessés au large de Ghaza
Dans la bande de Ghaza, trois pêcheurs palestiniens ont été blessés hier après que des navires de guerre et des drones quadricoptères ont ouvert le feu en direction d’un bateau de pêche au large de la ville de Ghaza. Selon l’Union des comités des pêcheurs de Ghaza, les tirs de mitrailleuses ont blessé les trois hommes, qui ont été transférés à l’hôpital. Les pêcheurs ghazaouis continuent ainsi d’être confrontés à des attaques et à des restrictions en mer qui limitent leur accès aux zones de pêche et compromettent une activité constituant une source essentielle de revenus pour les familles du secteur.
Arrestations et perquisitions en Cisjordanie
Parallèlement, les forces d’occupation sionistes ont mené hier plusieurs opérations dans différentes localités de Cisjordanie occupée, procédant à des arrestations et à des perquisitions. À Tulkarem, Mahmoud Abou al-Kheir a été arrêté après la perquisition de son domicile. Les forces d’occupation ont également fouillé plusieurs habitations et commerces dans différents secteurs de la ville. A Bala’a, elles ont perquisitionné le domicile du journaliste Musab Dbeig, avant de le retenir et de l’interroger sur place. Dans le sud-ouest Al-Khalil, un enfant de 14 ans, Muhammad Ziad al-Rajoub, a été arrêté dans le village d’Al-Koum. Dans le secteur d’Al-Bouira, à l’est d’Al-Khalil, des colons ont attaqué des habitations palestiniennes à coups de pierres et tiré à balles réelles en direction des maisons. Les forces d’occupation sont ensuite intervenues et ont retenu pendant plusieurs heures des dizaines d’habitants. À Naplouse, 4 Palestiniens ont été arrêtés lors d’une opération menée à l’aube dans plusieurs quartiers de la ville, après des perquisitions ayant également entraîné des dégâts matériels dans certaines habitations. Des opérations de fouille ont également été menées à Al-Mazra’a al-Gharbiya et Deir Abu Mash’al, au nord-ouest de (Ramallah).
Ghaza : de nouvelles frappes et une aide humanitaire sous pression
Dans la bande de Ghaza, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a fait état de nouvelles frappes aériennes dans des zones habitées. Trois frappes ont été signalées depuis mercredi, dont une à proximité de l’hôpital Al-Amal, à Khan Younès, jeudi matin. Malgré la poursuite des hostilités, les opérations humanitaires se poursuivent. Durant les neuf premiers jours d’août, les partenaires soutenus par l’ONU ont fourni une aide alimentaire à près de 60 000 familles, tandis qu’environ 700 000 repas sont préparés chaque jour par près de 100 cuisines communautaires. Les risques liés aux engins explosifs restent également importants. Un enfant de 13 ans blessé mardi dernier par l’un de ces engins dans le nord de Gaza a récemment été orienté vers une prise en charge. La semaine dernière, 18 évaluations des risques ont été réalisées afin de faciliter le déblaiement des zones touchées, la construction de nouveaux abris et la reprise des activités agricoles.
Ania N












































