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ILS REVELENT UNE SUBSTITUTION DEMOGRAPHIQUE DANS LES TERRITOIRES SAHRAOUIS OCCUPES : Les chiffres qui contredisent le récit marocain 

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Les données officielles du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) du Haut-Commissariat au Plan (HCP) marocain font apparaître une importante transformation de la composition démographique du Sahara occidental occupé.  Dans une analyse consacrée à ces statistiques, le chercheur El Mahfoud Abdelaziz estime que les chiffres publiés par les autorités marocaines contredisent leur discours politique et témoignent d’une politique de peuplement dans les territoires occupés.  Selon le HCP, le Maroc comptait 36 828 330 habitants au 1er septembre 2024, dont seulement 0,8 % de locuteurs du hassaniyya, soit environ 294 626 personnes à l’échelle de l’ensemble du territoire contrôlé par Rabat, incluant les régions du sud et le Sahara occidental occupé.

Une population autochtone devenue minoritaire

L’analyse se concentre notamment sur les trois régions administratives correspondant à l’espace traditionnellement associé à la population hassanophone : Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab. Ces trois régions totalisent 1 117 335 habitants.  Même en considérant, de manière théorique, que l’ensemble des locuteurs du hassaniyya y résident, ceux-ci ne représenteraient au maximum que 26,49 % de la population.  La proportion apparaît encore plus faible lorsqu’elle est calculée uniquement sur les deux régions couvrant la majeure partie du Sahara occidental occupé, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab, qui comptent ensemble 668 650 habitants. Selon les estimations avancées dans l’étude, la population sahraouie autochtone y dépasserait à peine 177 000 personnes. Ces chiffres sont présentés comme étant en décalage avec certaines estimations officielles marocaines faisant état de plus de 500 000 Sahraouis dans ces territoires. Pour le chercheur, cette évolution démographique s’inscrit dans une dynamique de transfert de population marocaine depuis les territoires du royaume vers le Sahara occidental occupé, contribuant à modifier progressivement la composition de la population locale.

Un enjeu au regard du droit international

L’analyse estime que la minorisation de la population autochtone, qui représenterait moins de 27% des habitants dans les deux principales régions concernées, soulève également des questions au regard du droit international. Elle est notamment mise en relation avec l’article 49 de la IVe Convention de Genève de 1949, qui interdit à une puissance occupante de procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire qu’elle occupe. L’étude établit également un lien entre cette transformation démographique et la politique de développement menée dans ces territoires. Selon son auteur, la majorité non autochtone bénéficierait largement des infrastructures et des activités économiques liées notamment aux ressources naturelles, parmi lesquelles les phosphates et les ressources halieutiques. À travers l’exploitation de ses propres données statistiques, l’administration marocaine fournit ainsi, selon cette analyse, des éléments permettant de mesurer l’ampleur de la transformation démographique du Sahara occidental occupé et d’alimenter le débat sur ses implications politiques et juridiques.

Ania N 

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