Pas une initiative, pas un dispositif, pas une mesure, pas une décision prise dans l’intérêt général, au profit de tous les Algériens qui ne soient « prise d’assaut » par des génies maléfiques. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé cette « intelligence » négative surveillait les lois de finances en cherchant les failles pour en tirer profit. Notre intention n’est pas de régler des comptes avec qui que ce soit, mais de témoigner devant l’histoire que nous avons, malheureusement, des génies pour détourner à leur profit personnel un bien pensé et réalisé au bénéfice de tous les Algériens. Prenons les exemples à rebours. Du plus récent au plus loin. L’augmentation de l’allocation touristique à 750 euros instaurée depuis juillet 2025. Elle est passée à près de 8 fois plus qu’auparavant. Très bien accueillie par la population. Les fraudeurs aussi. Une première escroquerie est révélée par notre ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, devant les députés. Il leur apprend qu’en l’espace d’un peu plus d’un mois plus de « 100 000 cas de fraudes ont été constatés ». Une véritable organisation constituée de certaines agences de voyage et autres réseaux illégaux, sévissait aux frontières terrestres avec la Tunisie. Le mode opératoire était d’organiser une entrée en Tunisie par car à des passagers qui avaient obtenu les 750 euros et les ressortir le même jour par un autre passage frontalier. Les sommes ainsi détournées étaient très importantes. De nouvelles mesures ont été instaurées. Malgré cela une autre faille a été découverte. La dernière mesure est la délivrance de l’allocation dans un compte devises le bénéficiaire l’utilisera au moyen d’une carte bancaire. Espérons que le génie du mal ne trouvera pas une autre faille. Le deuxième exemple concerne l’importation des moutons de l’Aïd El Adha 2026. Le pot aux roses vient d’être découvert. Avec plein de ramifications. Une véritable association de malfaiteurs. En partant du non-respect de la réglementation des marchés publics jusqu’au troupeau malade en passant par la falsification des PV et des boucles électroniques du bétail. Le tout avec la participation d’une entreprise publique et deux autres privées dont l’une basée aux Émirats arabes unis. L’enquête est toujours en cours dans cette affaire. À la fin de l’année 2025, la haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC) a transmis 15 dossiers à la justice et deux autres à la Cour des Comptes susceptibles de contenir des faits de corruption. À peine 6 mois après c’est-à-dire il y a quelques jours, la même autorité a ouvert 25 autres dossiers « liés aux signalements de soupçons de corruption ». Ce ne sont là que des faits tirés des dernières actualités alors que les prisons sont pleines de détenus qu’on pourrait désigner de délinquants en col blanc qui ont occupé de hautes fonctions supérieures dans les institutions de l’État. Forts de leurs positions, sans respect pour eux-mêmes, ils se sont remplis les poches en volant l’argent public. Certains parmi eux et à l’époque où ils étaient en fonction, n’ont pas hésité à préparer des textes législatifs comportant des anomalies dissimulées pour mieux se servir par la suite. Nous retrouverons beaucoup de ces aveux faits involontairement par ceux qui criaient à la barre : « nous n’avons fait que suivre les dispositions de la législation ». Ceci étant, l’origine de cette « ingéniosité du mal » est vieille de plusieurs décennies. À l’indépendance, en 1962, nous étions tous pauvres. Seuls une poignée de citoyens, comme les Hamoud Boualem était aisée mais pas milliardaires. Malgré cela, le président Ahmed Ben bella avec son sens de l’humour avait promis, dans un de ses premiers discours de « faire rentrer les bourgeois au Hammam » pour disait-il les « faire maigrir » au sens péjoratif. Aussitôt après il nationalisa des commerces. Car posséder un commerce c’était être riche. D’un extrême à l’autre, l’apparition de citoyens qui, subitement, étalaient un luxe tapageur n’ont jamais été inquiété. De fil en aiguille cette impunité a donné lieu à une course à l’enrichissement à tout prix. À un certain moment, il fut question d’intervenir sur la base de la question : « d’où détiens-tu cette richesse ? ». Qui ne fut jamais appliquée. L’espoir est de voir triompher la lutte contre la corruption entamée depuis 2019 et qui donne de bons résultats !
Zouhir Mebarki
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