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LE MAKHZEN LANCE UNE OPA SUR LA CHAINE FRANÇAISE : TV5 Monde, voix de son maître ?

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Depuis la mise en examen du journaliste marocain de BFM TV, Rachid M’barki, en décembre 2023 dans le cadre d’une enquête pour ingérence étrangère dans son travail au profit du Maroc, le Makhzen n’a cessé de tenter de mettre sous l’éteignoir, dans les médias français, le sujet de la lutte du peuple sahraoui.

Le Makhzen a multiplié les tentatives allant jusqu’à constituer un avocat pour défendre Rachid M’barki et le blanchir. Pour ce faire, il avait ravivé les sentiments de Bolloré pour la monarchie marocaine en le faisant inviter par M6 au mois d’août 2025, une entrevue à l’issue de laquelle il avait donné des assurances au monarque tout en rappelant les biens qui unissent sa famille au Maroc. Il avait notamment rappelé que sa famille avait hébergé le roi Mohammed V dans leur résidence en France lors de son exil en 1955, soulignant une proximité prolongée avec ses successeurs. Aujourd’hui c’est une nouvelle tentative qui est osé par Rabat à travers l’entrée du Maroc dans le capital social de TV5Monde, une chaîne publique française. Cette OPA que veut lancer le Makhzen sur le champ médiatique français relance le débat sur l’indépendance éditoriale dans le monde francophone et sur le futur traitement médiatique de la question du Sahara occidental, un sujet qui a tendance à disparaitre des débats et du menu des journaux télévisés des chaînes françaises, indique un article publié par Afrik.com sous le titre « Sahara, GenZ 212, Monjib… ces sujets qui risquent de disparaître avec l’entrée du Maroc dans TV5 monde ». L’article pose une question gênante, mais de plus en plus présente dans les débats sur les médias internationaux : que se passe-t-il lorsque certains conflits cessent de disparaître des écrans non pas par manque d’importance, mais pour des raisons d’intérêts diplomatiques et politiques ?
L’enjeu dans la conjoncture actuelle ne se limite pas à l’entrée du Maroc dans la gouvernance de TV5monde, l’une des principales plateformes audiovisuelles du monde francophone. Le véritable débat porte sur la question de savoir si certains sujets jugés «sensibles» par Rabat seront traités avec plus de prudence, moins de profondeur, voire tout simplement écartés de l’agenda médiatique international. Le Sahara occidental est explicitement mentionné parmi ces sujets, note l’article, soulignant que la situation ne se résume pas à de simples questions éditoriales abstraites.

Black-out médiatique sur le Sahara occidental
Le Sahara occidental demeure l’un des territoires les plus fermés aux journalistes et aux observateurs indépendants. Les organisations internationales de défense de la liberté de la presse dénoncent depuis des années les restrictions, l’expulsion de reporters et les difficultés systématiques rencontrées pour couvrir l’actualité dans les territoires occupés. L’article lui-même reprend l’expression employée par Reporters sans frontières : un «trou noir de l’information».
Avec le Maroc aux commandes de TV5Monde, c’est une tribune pour défendre les thèses marocaines et son supposé plan d’autonomie du Sahara occidental et un moyen pour travestir la vérité sur le conflit qui l’oppose au Front Polisario et pour fouler aux pieds la légalité internationale. L’inquiétude exprimée là est particulièrement significative car elle n’émane ni d’un média sahraoui ni d’une publication liée au Front Polisario. Elle émerge au sein même de la sphère médiatique africaine et francophone, où il apparaît clairement que le rapprochement politique entre Paris et Rabat pourrait avoir des conséquences narratives et culturelles.
La raison sous-jacente est évidente : depuis le changement de cap diplomatique de la France en faveur du plan d’autonomie du Maroc, de nombreux analystes ont observé une normalisation progressive du discours marocain sur le conflit qui trouve sa place dans les médias et les plateaux des chaînes de télévision françaises. Le problème ne se manifeste généralement pas par une censure explicite.
Il opère de manière beaucoup plus insidieuse : réduction progressive de la couverture médiatique, disparition des voix critiques, modifications du langage, utilisation systématique de cartes du Maroc, ou encore marginalisation du droit international dans le discours dominant. Les conflits ne disparaissent pas nécessairement parce qu’ils prennent fin ; parfois, ils disparaissent parce qu’ils cessent d’être visibles, note Afrik.com.
L’article établit également un lien entre ce phénomène et d’autres questions sensibles pour les autorités marocaines, comme le mouvement GenZ 212 et le cas de l’historien et journaliste Maâti Monjib, devenu un symbole des tensions liées à la liberté d’expression au Maroc.
Slimane B.

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