Le ballet diplomatique méditerranéen de haut rang inauguré hier à Alger avec la visite de la présidente du Conseil des ministres d’Italie, Giorgia Meloni, est une illustration parfaite de l’approche pragmatique adoptée par l’Algérie nouvelle dans sa politique étrangère. Le chef de la diplomatie espagnole est attendu, aujourd’hui, à Alger, dans le cadre d’une visite préparatoire à la venue du président du gouvernement de son pays, Pedro Sanchez. On évoque aussi, avec insistance, dans les milieux médiatiques et politiques des deux rives, une visite prochaine, de haut rang, du gouvernement du Portugal. Cette nouvelle doctrine, qui repose sur une diplomatie d’équilibre en alliant le soutien des causes justes et les intérêts stratégiques et économiques, y retrouve tout son sens. L’un n’exclut pas l’autre. L’Algérie tient toujours aux principes qui fondent sa politique étrangère. Elle n’a fait qu’adapter ses mêmes principes aux impératifs stratégiques et aux nouvelles donnes de l’heure. Disons-le de façon prosaïque : on ne peut pas continuer à défendre les faibles en perdant de vue ce qui fait notre force. En effet, dans un monde qui bascule dans des conflits armés où la voie de la paix et de la diplomatie et les mécanismes de dialogue multilatéraux n’ont quasiment plus de place, la situation a contraint à un repli sur soi. « L’Algérie avant tout », pour résumer l’idée adoptée par la vox populi chez nous. Le déplacement de responsables de gouvernements de pays européens intervient, comme par hasard, dans un contexte mondial marqué par le conflit au Moyen-Orient avec comme retombée directe, un affolement des marchés pétro-gaziers. La prise de contrôle de l’Iran sur le détroit d’Hormuz comme situation empêche le trafic des navires transportant le gaz et le pétrole (20 % de la consommation mondiale). Le bombardement des complexes pétro-gaziers dans le Golfe exacerbe la situation. Le Qatar, par exemple, fournisseur important de l’Europe, a annoncé, à cause d’une force majeure, l’approvisionnement des pays comme l’Italie, le Portugal, etc. En même temps, la production russe en énergie continue à subir les sanctions européennes et même américaines jusqu’à une date récente. Résultat des courses : les prix de l’énergie deviennent hors de contrôle. C’est cette nouvelle situation qui fait courir, aujourd’hui, des pays européens, en quête de plus d’approvisionnement. Devant la Giorgia Meloni hier à Alger, le président Abdelmadjid Tebboune a adressé un message fort. L’Algérie, compte tenu des enjeux liés à la sécurité d’approvisionnement énergétique et à la stabilité des marchés internationaux, rassure ses partenaires. Notre pays demeure un fournisseur sûr et fiable et compte honorer ses engagements contractuels avec ses partenaires européens. À commencer par l’Italie, un grand partenaire de l’Algérie.
Farid Guellil











































