6 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire immédiate au Sahel : Les réalités qui confortent la solution « à l’algérienne »

L’Algérie a toujours privilégié la solution négociée, le développement des zones enclavées et la relance de l’économie au profit des populations du nord pour faire sortir le Sahel de ses crises ininterrompues.
Cette solution à l’algérienne, autour de laquelle s’articulent d’ailleurs les «Accords d’Alger», se conforte avec la récente alerte donnée par le Programme alimentaire mondial (PAM), dans laquelle il est dit que «six millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire alors que la situation au Sahel en matière de sécurité alimentaire se détériore».
«Six millions de personnes sont en insécurité alimentaire au Sahel et ont besoin d’une assistance immédiate pendant la période de soudure qui vient de commencer et pour les mois à venir afin qu’elles puissent se relever », a déclaré le coordinateur régional des urgences du PAM au Sahel, William Affif.
M. Affif, a expliqué que les conflits, le changement climatique, de mauvaises saisons des pluies et un fort taux démographique sont autant de facteurs qui aggravent la vulnérabilité des populations de la région.
Pour les acteurs humanitaires et du développement œuvrant au Sahel, la grande inquiétude réside dans l’intensification des catastrophes naturelles. « Le risque est de voir dans quelques années une sècheresse d’une plus grande ampleur du fait du phénomène El Nino », a dit M. Affif.
Au Sahel, le PAM et ses partenaires (FAO, UNICEF, et d’ autres organisations non-gouvernementales) doivent à la fois répondre aux urgences immédiates des populations et préparer les mesures d’accompagnement nécessaires pour prévenir des situations qui seraient plus dommageables.
« Il y a énormément d’investissements qui ont été faits au Sahel et l’impact n’est malheureusement pas suffisamment important. Il est décevant », a reconnu le responsable du PAM. « Tous les acteurs se sont penchés pour essayer de comprendre ce qu’il faudrait faire et le PAM a commencé depuis quelques temps à promouvoir la mise à l’échelle de la résilience dans des zones de convergences pour avoir plus d’ impact sur cinq-six ans minimum », a expliqué M. Affif. « Maintenant il faut convaincre les gouvernements et les bailleurs de fonds de nous accompagner pour cette mise à l’échelle », a-t-il ajouté. Concrètement, les activités de résilience du PAM se traduisent par des activités communautaires de réhabilitation d’ infrastructures rurales, des cantines scolaires, un appui aux petits producteurs et des interventions en matière de nutrition. Dans les situations d’insécurité alimentaire, les premières personnes les plus vulnérables sont toujours les femmes et plus particulièrement les filles dès l’adolescence. Et le Sahel n’y fait pas exception.
I.M. A.