Il était temps ! C’est au mois de juin dernier, que le plan national de l’alimentation a été lancé. Pour désigner ce plan, d’autres utiliseront le mot « nutrition ». Est-ce pour être compris par tout le monde ? Sans commentaire ! Lors du 4e Congrès international de l’obésité et des maladies métaboliques, qui s’est tenu à Alger, du 30 octobre au 1er novembre derniers, plusieurs participants ont insisté sur « la nécessité d’accélérer » l’élaboration de ce plan.
Cela veut dire que 5 mois n’ont pas été suffisants pour livrer un plan que tous les pays avancés possèdent. La honte du plagiat ? Sans commentaire là aussi ! Pour que le message soit compris par le plus grand nombre, il faut préciser ce qu’est un plan national de l’alimentation (ou de nutrition). Nous emprunterons la définition qu’en donne le Pr Malek Rachid, président de la Société algérienne de médecine interne (SAMI). Pour lui « ce plan permettra d’améliorer l’hygiène alimentaire, en protégeant les aliments des risques biologiques et chimiques à toutes les étapes de la chaîne alimentaire ». Définition de « biologiques » : ce qui est constitué d’organismes vivants. Les virus et bactéries en font partie. Quant au mot « chimiques » tout le monde en connait le sens. Les additifs alimentaires en font partie. Ces éclaircissements sont nécessaires pour comprendre de quoi on parle. Quittons momentanément la science pour une parenthèse.
Pourquoi sur les photos des années 1950, les gens sont minces alors que de nos jours c’est l’inverse ? Il n’y a qu’une seule raison : c’est le mode alimentaire qui a changé. Avec l’avènement de l’industrie de transformation alimentaire couplé à l’instauration de la journée continue dans le monde du travail, vous découvrez la « recette ». Le déjeuner sur le pouce (« Akle-Khafif ») ne pouvait que se généraliser avec une seule heure de pause pour déjeuner. Impossibilité de manger chez soi tandis que la nourriture transformée devient l’alternative. Une infime partie de personnes viennent travailler avec leur nourriture préparée à la maison. À partir de ce constat, le « coupable » est tout désigné. C’est la malbouffe. C’est toute une panoplie de produits transformés qui « garnissent » les sandwiches, pizzas et autres hamburgers. Certains de ces produits ont réussi à pénétrer les foyers, notamment dans la pâtisserie. Ce sont les colorants, arômes, conservateurs, etc. Tous ces produits sont des composants chimiques. Des composants qui perturbent les hormones produites naturellement par notre corps. Ces hormones dont les principales sont : l’insuline, le cortisol (hormone du stress), la testostérone, la ghréline qui régule la faim et les hormones thyroïdiennes « qui régulent le métabolisme, la température corporelle, le rythme cardiaque, la croissance et le développement ».
Ces additifs alimentaires sont compris dans la catégorie des « perturbateurs endocriniens » où sont également recensés certains pesticides et certaines matières premières en cosmétique. La définition donnée aux perturbateurs endocriniens par l’OMS est la suivante : c’est « une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations ». Par « sous-populations », l’OMS désigne « des groupes (de personnes) ayant des besoins de santé ou des caractéristiques propres ».
Qui contrôle les industries alimentaires, cosmétiques, les restaurants et autres commerces alimentaires ? Les plus visibles sont les contrôleurs d’hygiène relevant de la direction des fraudes du ministère du Commerce. Ils sont actifs dans les commerces de bouche. Quant aux contrôles des industries alimentaires, il suffirait de prendre des échantillons de leurs produits en vente pour procéder aux analyses appropriées. Nous ne disposons d’aucune information sur cette activité. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), créée en 2020, a prévu un espace intitulé « Habitudes alimentaires » qui attend de recevoir des données. Reste les associations dédiées aux maladies chroniques, qui quantifient leurs malades avec des chiffres invérifiables et dont le rôle n’est pas bien clair. S’agit-il d’éclairer et de défendre les malades ou est-ce simplement des associations professionnelles ? Tout ceci a besoin d’un bon ménage. Il s’agit de santé humaine !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com









































