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Théâtre Mohamed Touri à Blida… Un monument historique en voie de retrouver son lustre d’antan

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Le théâtre emblématique de Blida Mohamed Touri, qui a vu défiler des artistes de renom internationale, est en voie de retrouver son lustre d’antan après des années de laisser-aller, entraînant sa fermeture au grand dam des amateurs du septième art.

Deux ans après la fermeture de ce théâtre, dont la construction remonte aux années 20 du siècle dernier, en raison de l’effondrement de sa toiture et de sa détérioration générale, des travaux de restauration seront lancés «prochainement» sous la supervision d’une entreprise spécialisée en restauration et réhabilitation de ce genre de bâtis, a déclaré à l’APS Hamou Haggar, vice-président de l’APC de Blida, chargé des affaires sociales, sportives et culturelles. Détourné de sa vocation initiale, le théâtre a abrité ces dernières années de nombreuses activités culturelles, politiques et meetings populaires en l’absence de salles de conférence et de réunion dans la ville, ce qui a accéléré sa dégradation, a expliqué le responsable. Le site culturel devrait, une fois les travaux achevés, retrouver son cachet architectural et artistique d’origine, a indiqué M. Haggar qui a rappelé que des changements ont été opérés sur le site durant les années 1980 dans le cadre d’une opération de restauration. Cette dernière avait touché principalement la scène qui a été élargie, réduisant ainsi sa capacité d’accueil, a-t-il précisé. Les travaux de restauration qui ont nécessité une enveloppe financière de 146 millions de DA, concerneront la toiture de la salle de spectacle du théâtre d’une capacité de près de 400 spectateurs. Les décorations seront reproduites pour redonner au site son lustre d’antan qui a tant fasciné de grands noms de la scène artistique qui s’y sont produits, outre l’installation de nouveaux sièges pour le confort du public. Les travaux porteront également sur la sonorisation qui devra être de qualité pour garantir une production théâtrale réussie à travers la dotation du site culturel d’équipements audio de haute performance. L’unique théâtre dans la ville de Blida qui porte le nom de l’un des pionniers du théâtre national, Mohamed Touri, contribuera, une fois sa restauration terminée, à la relance de l’activité culturelle dans la wilaya en abritant des présentations théâtrales et des soirées artistiques.

Théâtre Mohamed Touri…le chemin vers la célébrité
Au temps de sa gloire, le théâtre Mohamed Touri ouvrait grandes les portes de la célébrité, de par sa renommée à cette époque là. Tout artiste rêvait de se produire sur cette scène artistique, confie Youcef Ouraghi qui s’intéresse à l’histoire de la wilaya. Parmi les autres artistes et musiciens de renom qui sont montés sur la scène de ce théâtre historique, figurent le pianiste Marcel Samson, le chanteur libanais Marcel Khalifé, Hadj M’hamed El Anka, Ahmed Ouahbi, Mohamed El Basri, Guerouabi, Fatiha Berbère et Hassan El Hassani. «Al Ayta» et «Babor ghrek» sont entre autres célèbres pièces théâtrales jouées sur ces planches, a-t-il rappelé, signalant que le théâtre Mohamed Touri était également une destination pour de nombreuses troupes théâtrales représentant plusieurs pays étrangers, à l’instar de la Chine, de la Bulgarie, de l’Inde, de la Turquie, de de la Belgique, du Canada, de la Russie, de l’Irak, du Maroc, de la Libye et de la Tunisie. Ce site remonte à l’ère coloniale, plus précisément aux années 20 du siècle dernier. Dès l’installation, en 1926 de son nouveau directeur venu de l’Opéra de la ville française de Toulouse, cette infrastructure est devenue une salle de projection et de cinéma. Au lendemain de l’indépendance et en hommage aux œuvres célèbres du comédien Mohamed Touri, les autorités de la wilaya ont baptisé cette infrastructure culturelle du nom de cet artiste, décédé en 1959.

Mohamed Touri… un dessinateur de sourires
Grâce à son talent unique et à ses pièces exceptionnelles, le comédien Mohamed Touri savait dessiner des sourires sur le visage des Algériens qui croupissaient sous le joug colonial. Parmi ses grandes pièces, qu’il écrivait en langue arabe parlée pour être compris de tous, figurent «Zaït, Maït et Negaz Al Hit», «Debka oua Bek» et «Bouhadba». Outre le théâtre, Touri a joué dans des films cinématographiques, à l’instar de «Maarouf El Iskafi» (bienfait du cordonnier) filmé dans les années 40 au Maroc, «Le kilo», «Fel Kahoua» (Le café) . De même qu’il a interprété de nombreuses chansons satiriques, dont «Ana Melit», «Fellous Felous» et «Hadi Hia Somba». Malgré sa disparition à un âge très jeune, Mohamed Touri a laissé une œuvre inégalée. En outre, son œuvre véhiculait un message clair empreint de valeurs morales authentiques. Né le 9 novembre 1914 à Blida, Mohamed Touri est issu d’une famille modeste. Il apprit le coran et étudia la langue arabe dans sa ville natale, avant de se rendre à Constantine où il rallia l`école libre de l`Association des Oulémas musulmans. En 1928, il retourna dans sa ville natale pour y fonder la troupe théâtrale «Amal» au sein du groupe des scouts de Blida, avant de créer une autre troupe en 1936 avec ses compagnons Hammoudi, connu sous le nom de Benchoubane, Foudil Abderrahmane et Zerrouk Sidi Moussa. De là, il entama son parcours artistique en interprétant des rôles courts secondaires alors qu’il n’avait même pas 14 ans. En 1956, il fut arrêté par les autorités françaises pour ses œuvres. Il décéda le 29 avril 1959 sous la torture.

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