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Sofiane Djilali à propos du document final de la Constitution : La première mouture est plus affinée dans certains aspects

Tout comme la première mouture de l’avant-projet de révision de la Constitution, enrichie par nombre de personnalité politiques, société civile, mais aussi et surtout par certains partis politiques, qui s’inscrivent dans la démarche initiée par le pouvoir, le document final « servi » pour approbation populaire pour le 1er novembre prochain, est, lui aussi, passé au feigne fin par des acteurs politiques, dont la lecture diffère en partie, en fonction de la prise en compte de leurs propositions émises dans le cadre de l’enrichissement de la nouvelle Constitution. Contacté par nos soins, le président du parti politique de la mouvance démocratique, Jil El Jadid, Sofiane Djilali, a livré, dans un franc-parler, comme à son habitude, sa lecture sur le texte final de la nouvelle Loi fondamentale du pays, adoptée, récemment, en Conseil des ministres, et les deux chambres du Parlement et le corps électoral convoqué. Si le chef de file de cette formation politique continue d’estimer que la nouvelle Constitution est de loin plus positive par rapport à celle de 2016 adoptée sous le régime du Président déchu, Abdelaziz Bouteflika, il a constaté, avec un peu de regret, que la première mouture du projet, élaborée par le Comité d’experts drivé par le professeur Ahmed Laraba est quelque peu meilleure que le document final dans certains aspects.
« À force de vouloir faire de cette Constitution un projet plus inclusif et consensuel, dans le souci de satisfaire tout le monde, les rédacteurs du document final ont fini par avancer une texte plutôt hybride avec un double système, à la fois, présidentiel et parlementaire, en fonction des résultats des élections législatives et de la majorité. Ce qui constitue une incohérence et un déséquilibre de l’exécutif. Et par voie de conséquence, j’estime que la première mouture est meilleure que le document final », a affirmé l’ancien cadre du Parti du renouveau algérien (PRA), de Noureddine Boukrouh. En effet, le chapitre deux (2) de la Constitution stipule, dans son article 103 que : Le Gouvernement est dirigé par un Premier ministre lorsqu’il résulte des élections législatives une majorité présidentielle et par un Chef du Gouvernement si la majorité est parlementaire. Ce que Sofiane Djilali, dont une réunion du bureau politique du parti est prévue pour le 2 novembre afin de trancher la question, voit d’un mauvais œil. Mais faut-il pour autant jeter l’eau de bain et le bébé avec ? Notre interlocuteur estime qu’en dépit de ce « point noir » et bien d’autres encore, notamment le volet de la Justice qui nécessite d’aller un peu loin pour avoir plus de crédibilité, et rassurer le citoyen, les intervenants économiques et l’ensemble des partenaires de l’Algérie, le document final est loin d’être tout à fait maigre en points positifs en comparaison avec la Constitution actuelle que ce soit en matière de liberté, le remplacement du Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle, l’Instance en charge des élections et bien d’autres qui sont, entre autres, des revendications du parti et constituent des avancées considérables à mettre à l’actif de cette future première Loi du pays. De son côté, l’ancien président du Conseil consultatif du parti islamiste, MSP, Abderrahmane Saïdi, a fait savoir que le Conseil consultatif (Madjlis Echoura) doit se réunir les 25 et le 26 du mois en cours pour dégager la position du parti par rapport au projet constitutionnel et le référendum. Le cadre du parti de Abderrezak Mokri, affirme que le document final de la Constitution sur lequel le peuple est appelé à se prononcer à la date symbolique du 1er novembre contient des points positifs aux mêmes titres que les négatifs. En matière de liberté, des questions des droits de l’homme, entre autres, explique M.Saîdi, le texte qui sera soumis au référendum est très riche par rapport à la présente Constitution. Toutefois, estime l’intervenant, ça ne fait de lui un texte irréprochable car les prérogatives des uns et des autres ne sont pas clairement définies dans la nouvelle Constitution en référence aux trois (3) pouvoirs traditionnels et les interférences qui peuvent en découler de cet état de fait. Le parti trouve, par ailleurs, que le document final, est plutôt trop « obèse » en raison de l’accumulation de certains aspects qui ne relèvent, pourtant, pas de la Constitution, mais de la loi organique, en plus de l’introduction de la société civile au sein de ce projet, entre autres. Nous trouvons donc, ajoute-t-il, que le document est trop chargé et va générer des interférences, débordement et un empiétement des prérogatives et des fonctions.
Le parti qui n’a pas assisté au vote sur la nouvelle Constitution à l’Assemblée populaire nationale (APN) en raison de l’absence d’un débat en plénière, estimant qu’il s’agissait juste d’un vote sur la procédure se projette déjà dans les prochaines joutes électorales, affirme la même source.
Brahim Oubellil