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Sélection en crise en plus du malaise économique : Les Argentins accusent le coup

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Les Argentins comptaient sur le Mondial pour se changer les idées, oublier l’inflation, savourer les buts de Messi et se prendre à rêver d’un 3e sacre mondial, mais le doute les envahit avant Nigeria-Argentine, décisif. Mardi à partir de 15h00 locales (19h00 en Algérie), c’est tout un pays qui sera paralysé pendant deux heures, devant un écran de télévision, quand Lionel Messi et ses coéquipiers joueront leur qualification pour les huitièmes de finale du Mondial, après deux faux pas contre l’Islande (1-1) et la Croatie (défaite 3-0).

«Je ne crois pas qu’on arrivera à se qualifier. Pas à cause du Nigeria, à cause de nous», déplore Omar Santillán, 55 ans, un ancien combattant de la guerre des Malouines. La victoire du Nigeria contre l’Islande a été applaudie en Argentine, car «elle nous donne une possibilité de plus», mais «on va encore se qualifier dans la douleur», se désole Juan Cordoba, un fonctionnaire de 30 ans. Comme lors des éliminatoires du Mondial russe où l’Albiceleste s’était qualifiée in extremis lors de la dernière journée, grâce à un triplé de Messi contre l’Equateur.

Mystère Messi
Pessimistes ou raisonnablement optimistes, les Argentins sont déçus par le capitaine de la sélection. Le mystère du rendement incertain de Messi en équipe nationale reste entier. «A Barcelone, ils arrivent à le faire briller, mais pas ici. J’espère qu’on va se qualifier, mais si on passe, il n’y a pas beaucoup d’espoirs en huitièmes», considère Victor Granados, un horloger de 63 ans. «Ronaldo, ou les Islandais, eux ils font honneur au sport. Pas nous», se lamente Fernando Espósito, 64 ans, patron d’une entreprise de transport. «Nos joueurs n’ont pas la passion. Contre la Croatie, en deuxième période, j’aurais préféré que Messi ne joue pas. Si c’est pour voir un show de vedettes, je vais au théâtre. Ils sont le reflet de ce que nous sommes comme citoyens: médiocres, irresponsables et prétentieux, nous n’allons pas de l’avant.» Messi, «ce n’est pas un leader. C’est un génie, un joueur exceptionnel. Mais tu ne peux pas lui demander de porter l’équipe à bout de bras», fait remarquer Guido Levy, 54 ans, un employé de mairie Sergio Núñez, un vendeur de journaux de 45 ans, ne veut pas accabler Messi. «Je pensais qu’avec Sampaoli, ça irait mieux, mais c’est un désastre.» Le football revêt une telle importance en Argentine que les jours de match de l’équipe nationale, l’absentéisme au travail ou à l’école bat des records. Des entreprises installent des téléviseurs dans leurs bureaux pendant le Mondial. A l’heure des matches, les rues sont désertes. Dans une atmosphère de passion généralisée, les prestations de la sélection argentine sont scrutées avec sévérité, et dramatisées en cas d’échec. «Le problème de ce pays, c’est que tout le monde croit tout connaître sur le football, et on entend n’importe quoi. Ils se prennent tous pour le sélectionneur», estime le psychologue Marcelo Roffé.
Dépression générale Yamila Morales, mère au foyer de 30 ans qui vit dans un quartier populaire de Buenos Aires, confie avoir «perdu la foi» en la sélection. Pour elle, le football, «c’est toujours une bonne occasion pour faire la fête» et pour oublier les difficultés du quotidien. «Si on gagne, le reste est plus facile, mais le gouvernement pourrait en profiter pour voter des lois qui nous portent préjudice. Je crois que le Nigeria va nous donner une raclée, et ce sera mérité.» «Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de chance et c’est la dépression qui gagne», ironise Guido Levy. Matías Taleb, un commerçant de 29 ans qui vend des maillots du Mondial, est attristé. «Le pays ne va pas bien économiquement et le Mondial aurait pu être un moyen de se sentir forts un instant.» La dernière élimination au 1er tour d’un Mondial remonte à 2002.
Les hommes de Marcelo Bielsa avaient alors écrasé les éliminatoires sud-américains, mais au Japon, après avoir battu le Nigeria (1-0), ils avaient perdu contre l’Angleterre (0-1) et fait match nul avec la Suède (1-1). L’équipe de Batistuta, Crespo, Veron et Simeone n’avait totalisé que 4 points, un de moins que la Suède et l’Angleterre. En général, quand l’Argentine est en difficulté, le génie Messi sort de sa boîte. Les Argentins espèrent donc un miracle. Matias Taleb confie avoir «une foi énorme en Messi. Il n’a pas été au rendez-vous jusqu’ici, mais il lui reste un match.» Le Nigeria? «Il faut revenir sur terre, confie un étudiant de droit, Pablo Cortese, ce match est largement à notre portée. Et une fois passé le 1er tour, c’est une autre compétition qui commence.»

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